L’axe routier reliant Bamako à Kayes est aujourd’hui presque impraticable. Entre une route délabrée et un train hors service, la population est prise au piège d’une crise logistique aiguë.
Kayes coupée du reste du pays : une crise persistante des transports
La région de Kayes, située à l’ouest du Mali, fait face à une situation de plus en plus critique. Reconnue pour ses richesses minières et son rôle historique dans les mouvements migratoires, cette zone stratégique est désormais isolée. L’état catastrophique de la route nationale Kayes-Bamako, combiné à la suspension du service ferroviaire, empêche la libre circulation des biens et des personnes.
Depuis le début de la saison des pluies, les déplacements entre les deux villes sont devenus un parcours du combattant. Les pluies diluviennes de ces dernières semaines ont accentué la dégradation d’une route déjà mal entretenue. Ponts fragilisés, trous béants, véhicules embourbés ou abandonnés en pleine voie sont devenus des scènes quotidiennes sur cet axe vital.
Transport routier en crise : les usagers en détresse
Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos montrent des autocars renversés ou immobilisés pendant plusieurs jours, soulignant le calvaire des voyageurs. Les compagnies de transport peinent à maintenir leurs liaisons, et de plus en plus de conducteurs privés renoncent à effectuer ce trajet. L’absence d’entretien régulier et la vétusté des infrastructures posent un véritable danger pour les usagers.
Le train toujours à l’arrêt : l’autre impasse
Autrefois alternative fiable, le train voyageur entre Kayes et Bamako est également à l’arrêt. Le service n’a jamais repris depuis un déraillement survenu il y a plus d’un an. Malgré les assurances données par le Premier ministre devant le Conseil national de Transition (CNT), aucune date de reprise n’a été annoncée. Pour les habitants, cette immobilisation aggrave leur isolement.
Une économie locale en asphyxie
L’impact de cette paralysie des transports va bien au-delà du simple inconfort des voyageurs. Les commerçants de Kayes peinent à acheminer leurs marchandises, ce qui provoque une hausse des prix et une pénurie de certains produits essentiels. Pour une région qui contribue fortement à l’économie nationale, notamment grâce à l’exploitation aurifère, ce manque d’accessibilité constitue un paradoxe inquiétant.
Appels ignorés et solutions absentes
Malgré les nombreuses alertes lancées par la population locale, ni le ministère des Transports, ni le gouvernement n’ont apporté de réponse concrète. Les promesses politiques restent sans suite, et la situation continue de se détériorer.
Un enjeu de dignité et de droits fondamentaux
La réhabilitation de la route Kayes-Bamako et la relance du train voyageur ne sont plus de simples questions d’infrastructures. Il s’agit désormais d’un enjeu de droits fondamentaux : le droit à la mobilité, à l’accès aux services, et à la sécurité. Tant que les actions concrètes tarderont, les populations de Kayes resteront.











