Les mots ont leur poids dans l’analyse des crises. En Afrique de l’Ouest, parler de simple banditisme pour qualifier des actes terroristes masque une réalité bien plus complexe.
Crise sécuritaire en Afrique de l’Ouest : quand les mots brouillent la réalité
Une confusion sémantique révélatrice d’un malaise profond
Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest comme le Mali, le Burkina Faso, le Niger ou encore le Bénin, l’usage du terme « banditisme » pour décrire les violences actuelles sur le terrain soulève de nombreuses interrogations. Derrière cette terminologie se cache une forme d’ambiguïté qui empêche une lecture claire de la situation sécuritaire.
Autrefois, le banditisme dans les villages maliens se résumait à des actes isolés : vol d’un bœuf ou d’un bélier, commis discrètement. Le coupable était connu des habitants et parfois toléré culturellement.
Une mutation du phénomène : du vol local au narcoterrorisme organisé
Aujourd’hui, des groupes armés structurés et souvent alliés à des réseaux terroristes s’attaquent aux populations : meurtres, extorsions, viol, crime organisé. Désigner cette menace par le terme de « banditisme » revient à nier la réalité du narcoterrorisme.
Ce phénomène circulaire s’enracine dans les faiblesses des États : corruption, pauvreté, instabilité, et inégalités sociales.
Une guerre d’usure alimentée par les divisions internes
Le narcoterrorisme use les institutions et prospère sur l’absence de réponse cohérente. L’intrusion du numérique dans la gouvernance rend encore plus difficile une évaluation objective.
Entre défis géopolitiques et responsabilités locales
Des conflits comme Ukraine-Russie ou Palestine-Israël influencent la région, mais les responsabilités internes sont tout aussi importantes. Le manque d’emplois, les carences éducatives et sanitaires, et la défiance envers les institutions doivent être pris en compte.
Quel avenir pour la sécurité régionale ?
Des pistes existent : une offre politique claire, un scrutin présidentiel crédible, une normalisation diplomatique avec l’Algérie, et une proximité accrue entre gouvernants et citoyens.











