Alors qu’un cessez-le-feu a été instauré après douze jours de guerre entre l’Iran et Israël, les autorités iraniennes expriment leur méfiance quant à sa tenue. Téhéran brandit la menace d’une réponse armée si l’accord est violé.
Le contexte d’un conflit intense
Depuis le 13 juin 2025, les relations déjà tendues entre Israël et l’Iran ont dégénéré en un affrontement direct. À l’origine du conflit, une série de frappes israéliennes ayant visé des responsables militaires iraniens ainsi que des scientifiques liés au programme nucléaire de Téhéran. Ces attaques, selon les autorités israéliennes, visaient à prévenir l’obtention par l’Iran de l’arme nucléaire, objectif que ce dernier dément, tout en affirmant son droit à un programme nucléaire civil.
Ces événements sont survenus alors que l’Iran menait des négociations avec les États-Unis, alliés historiques d’Israël, concernant son programme atomique. En réponse, l’Iran a mené des représailles soutenues, entraînant une escalade de la violence pendant douze jours.
Un cessez-le-feu sous surveillance
Le 24 juin 2025, un cessez-le-feu a été annoncé entre les deux pays. Toutefois, les autorités iraniennes affichent une forte scepticisme quant à la sincérité d’Israël dans le respect de cet engagement. Le chef d’état-major iranien, le général Abdolrahim Moussavi, a exprimé ses doutes publiquement, déclarant que son pays était prêt à réagir « avec force » en cas de violation de la trêve.
Lors d’un échange téléphonique avec le ministre de la Défense saoudien, le prince Khaled ben Salmane, Moussavi a souligné que l’Iran n’avait pas initié la guerre, mais avait seulement répondu à une agression étrangère.
Nucléaire : ligne rouge américaine
Dans la nuit du 21 au 22 juin, les États-Unis ont mené des frappes ciblées contre trois installations nucléaires iraniennes. Le président américain Donald Trump a mis en garde contre toute tentative iranienne d’enrichir l’uranium à un niveau militaire, menaçant de nouvelles attaques.
Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran enrichit actuellement de l’uranium à hauteur de 60 %, bien au-delà de la limite de 3,67 % prévue par l’accord nucléaire de 2015, dont les États-Unis se sont retirés en 2018. Pour atteindre le seuil nécessaire à une bombe atomique, un enrichissement à 90 % est requis.
Israël, de son côté, reste discret sur ses capacités nucléaires mais serait en possession de 90 ogives, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).
Bilan humain alarmant
Le ministère iranien de la Santé a annoncé un bilan de 627 morts et près de 4 900 blessés du côté iranien. En Israël, les tirs de représailles auraient causé 28 décès selon les chiffres officiels.
Parmi les cibles frappées par Israël, plusieurs infrastructures civiles ont été touchées. L’attaque la plus marquante s’est produite le lundi 23 juin, lorsque la prison d’Evine, située à Téhéran, a été atteinte, provoquant la mort de 71 personnes, selon le pouvoir judiciaire iranien.
Détention de ressortissants étrangers
La prison d’Evine abritait notamment des opposants politiques et des prisonniers étrangers, parmi lesquels les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus depuis mai 2022. Selon le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, ces derniers n’auraient pas été blessés lors de l’attaque, qu’il a qualifiée d’ »inacceptable ».
Les deux Français, accusés d’espionnage par les autorités iraniennes, sont considérés par la diplomatie française comme des « otages d’État ». Des transferts de détenus vers d’autres établissements auraient eu lieu après l’attaque, sans précision sur leur nombre.











