À Sangarébougou-Marseille, dans la périphérie de Bamako, l’état dégradé des routes continue d’empoisonner le quotidien des habitants. En saison des pluies, la circulation devient un véritable parcours du combattant.
Une route en ruine depuis plus d’une décennie
Situé en Commune I du district de Bamako, le quartier de Sangarébougou-Marseille souffre d’un problème persistant : l’état de ses voies de circulation. Depuis 2012, la dégradation s’est accélérée, atteignant un niveau critique à partir de 2016.
Les routes, en majorité en latérite et jamais entièrement bitumées, sont dépourvues de drainage efficace. Lors de fortes pluies, l’eau ravine les voies, creuse des ornières profondes et forme des flaques stagnantes. Résultat : des tronçons deviennent impraticables, forçant les usagers à faire des détours risqués.
Des conséquences lourdes sur la vie quotidienne
Ce mauvais état des routes a des répercussions directes sur les habitants. Mariam Keita, lycéenne, évoque son calvaire :
« Je dois me lever à 5h, sortir à 6h, mais à cause de la route, les Sotramas changent d’itinéraire. La semaine dernière, j’ai vu un accident entre deux véhicules. »
Comme Mariam, de nombreux élèves arrivent souvent en retard ou en situation de stress. Le manque d’infrastructures scolaires dans le quartier oblige les jeunes à se déplacer vers d’autres zones de Bamako.
Les conducteurs aussi en difficulté
Les conducteurs de motos-taxis ne sont pas épargnés. Mamoutou Diarra déplore des pannes fréquentes et des accidents quasi-quotidiens.
« Nos motos sont dans un état critique, et les réparations nous coûtent cher. »
La situation freine également l’activité économique locale. Les commerçants et transporteurs peinent à circuler, ce qui ralentit les échanges et augmente les coûts.
Des efforts amorcés mais jugés insuffisants
La mairie de Sangarébougou-Marseille, dirigée par Kassoum Sidibé, affirme avoir entamé des travaux avec le soutien des autorités nationales. Un pont a été construit en 2022-2023 pour sécuriser la traversée d’un cours d’eau dangereux. En 2024-2025, un tronçon a été goudronné.
Mme Ouattara Fanta Keita, troisième adjointe au maire, reconnaît toutefois que les efforts sont encore partiels. Le bitumage complet de la route censée relier Marseille à Safo reste inachevé.
Des attentes toujours fortes chez les résidents
Certains habitants saluent les initiatives entreprises mais demandent une accélération des travaux. Pour eux, seul un réaménagement global des routes et l’installation de systèmes de drainage permettraient une amélioration durable.
En attendant, la saison des pluies reste synonyme d’isolement, de retards scolaires, de pannes mécaniques et d’insécurité routière.












