Le Niger prévoit le retour volontaire de plus de 4 000 migrants d’ici juillet 2025, en partenariat avec l’OIM. Cette mesure vise à faire face à l’afflux massif de personnes expulsées d’Algérie vers le nord nigérien.
Une vague inédite de retours forcés
Dans une démarche urgente visant à prévenir une situation humanitaire critique, les autorités nigériennes ont annoncé un plan de rapatriement massif de plus de 4 000 migrants. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en réponse à une vague croissante d’expulsions de migrants en provenance de l’Algérie voisine.
Selon les autorités, le nord du Niger, notamment la région d’Agadez, connaît depuis plusieurs semaines une pression migratoire sans précédent. Ibrah Boulama Issa, gouverneur de cette région saharienne, a fait état d’un afflux massif de migrants lors d’une allocution diffusée par la télévision nationale.
« En avril, nous avons enregistré une vague de retours inédite depuis l’Algérie, avec plus de 6 000 personnes débarquées à la frontière », a-t-il déclaré. Ce chiffre dépasse largement les 7 222 migrants refoulés durant l’ensemble du premier trimestre 2025.
Des centres d’accueil sous pression
La ville d’Assamaka, située à la frontière algérienne, est en première ligne de cette crise. Les installations d’accueil, gérées par l’OIM, peinent à absorber la surcharge de population. Le gouverneur d’Agadez a pointé du doigt une « pression continue exercée par l’Algérie », à l’origine de la saturation des centres de transit.
Face à cette situation, le gouvernement nigérien a décidé de soutenir l’accélération du programme de rapatriement de l’OIM. L’objectif est de permettre à plusieurs milliers de migrants, pour la plupart originaires d’Afrique de l’Ouest et du Centre, de regagner leur pays d’origine.
Un enjeu sécuritaire majeur
En janvier 2025, le ministre de l’Intérieur, le général Mohamed Toumba, avait déjà mis en garde contre les risques sécuritaires liés à ces flux incontrôlés. Il avait interpellé l’OIM et le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) pour organiser le retour rapide des migrants refoulés.
Selon l’ONG Alarme Phone Sahara, plus de 31 000 migrants ont été expulsés d’Algérie vers le Niger depuis le début de l’année 2024. Ces mouvements, souvent brutaux, exposent les migrants à de graves dangers, notamment dans les zones désertiques qu’ils doivent traverser sans assistance.
Dans ce contexte tendu, la priorité des autorités nigériennes est d’éviter une catastrophe humanitaire dans le nord du pays. Le rapatriement encadré par l’OIM apparaît comme une solution temporaire pour alléger la pression sur les infrastructures locales.











