Une photo prise lors d’une rencontre entre Donald Trump et cinq chefs d’État africains suscite une vague d’indignation. La mise en scène, jugée humiliante, relance le débat sur les relations inégalitaires entre l’Afrique et les puissances occidentales.
Une image qui dérange et qui interroge
La diffusion d’une photo montrant Donald Trump, assis derrière le bureau ovale, entouré de cinq chefs d’État africains debout, a provoqué un véritable tollé sur les réseaux sociaux. En toile de fond, la célèbre casquette rouge MAGA (« Make America Great Again ») trône en évidence, donnant à l’image une connotation politique forte.
Cette scène, rapidement virale, a suscité une vague de réactions allant de la consternation à la colère. Nombre d’internautes y ont vu une illustration d’une forme d’humiliation symbolique, où les chefs d’État africains apparaissent en posture de subordination face à l’ancien président américain.
Un déséquilibre diplomatique assumé
La mise en scène de cette rencontre soulève de nombreuses interrogations sur la nature des rapports entre l’Afrique et les grandes puissances. En effet, ce format collectif, où plusieurs dirigeants africains sont réunis autour d’un seul leader occidental, contraste avec les usages diplomatiques habituels basés sur l’égalité protocolaire.
Ce déséquilibre visible rappelle un certain héritage colonial et renvoie à une époque où les relations Nord-Sud étaient marquées par une hiérarchie implicite. Pour de nombreux observateurs, cette séquence vient raviver une mémoire encore douloureuse des rapports de domination.
Des dirigeants africains critiqués pour leur attitude
Certains choix faits par les présidents africains présents lors de cette rencontre ont également été pointés du doigt. Bassirou Diomaye Faye, le président du Sénégal, aurait proposé à Donald Trump un projet de club de golf à Dakar, dans une tentative de séduction économique. De son côté, le président Mohamed Ould Ghazouani de Mauritanie aurait vanté les ressources naturelles de son pays, espérant susciter l’intérêt américain.
Mais loin de convaincre, ces initiatives ont été perçues comme maladroites, renforçant l’image d’une Afrique en quête de validation, plutôt que celle de partenaires souverains et respectés. L’attitude désinvolte de Trump n’a fait qu’accentuer ce malaise.
L’ignorance assumée de Trump face à l’Afrique
Le comportement de Donald Trump lors de cet échange a également été largement critiqué. Peu attentif, il aurait abrégé les discussions en demandant à chaque dirigeant de se présenter brièvement. L’ancien président semble ainsi avoir préparé cette rencontre avec légèreté, voire indifférence.
Un moment en particulier a marqué les esprits : Trump aurait demandé au président du Libéria où il avait appris l’anglais. Une question révélant une profonde méconnaissance, alors que l’anglais est la langue officielle de ce pays fondé au XIXe siècle par d’anciens esclaves américains.
Une séquence révélatrice de fractures persistantes
Cette rencontre n’a satisfait ni les observateurs africains, ni les soutiens de Donald Trump. Elle met en lumière des fractures encore profondes dans la manière dont l’Afrique est perçue sur la scène internationale, et soulève des interrogations sur la posture des dirigeants africains dans leurs relations avec les puissances mondiales.
Une image, parfois, en dit long sur les rapports de pouvoir. Celle-ci, en l’occurrence, a réveillé de nombreuses blessures.











