La première grande parade militaire organisée à Washington depuis plus de trois décennies s’est tenue sous haute tension, dans un climat alourdi par le meurtre d’une élue du Minnesota. La journée a illustré les profondes divisions qui traversent les États-Unis.
Washington a été le théâtre, samedi 14 juin 2025, d’un événement hors norme : une parade militaire d’envergure, la première depuis 1991, marquant un moment fort du mandat de Donald Trump. Ce défilé a rassemblé près de 7 000 soldats, appuyés par environ 150 véhicules militaires et survolés par une cinquantaine d’avions. L’initiative, estimée à un coût de 45 millions de dollars, a attiré des centaines de milliers de spectateurs venus assister à cette démonstration de force au cœur de la capitale américaine.
Ce jour marquait aussi les 79 ans du président Donald Trump, qui souhaitait célébrer son anniversaire par ce défilé symbolique. Cependant, les festivités ont été ternies par un drame survenu dans le Minnesota : Melissa Hortman, élue locale de 55 ans et figure démocrate, a été assassinée à son domicile avec son mari. Les autorités parlent d’un acte de violence politique délibérée. Le gouverneur Tim Walz a dénoncé un climat dangereux alimenté par les divisions idéologiques. Un autre couple d’élus a également été grièvement blessé lors d’une attaque similaire.
Face à cette tragédie, Donald Trump a rapidement condamné des actes qu’il a qualifiés de « terribles » et promis des réponses fermes. L’enquête se poursuit activement tandis que le suspect reste en fuite.
Dans ce contexte déjà tendu, la journée a aussi été marquée par un vaste mouvement de protestation baptisé No Kings. Près de 2 000 rassemblements étaient organisés à travers les 50 États pour dénoncer ce que les organisateurs qualifient de « dérive autoritaire » et la « militarisation de la démocratie américaine ». À New York, malgré la pluie, des dizaines de milliers de manifestants ont investi la 5e Avenue, scandant des slogans appelant au départ de Donald Trump. À Los Angeles, des marches ont dénoncé les violences envers les immigrés, sous la surveillance de la Garde nationale, déployée pour prévenir les débordements.
À Washington, les forces de l’ordre avaient érigé des kilomètres de barrières de sécurité pour contenir les rassemblements. Le président Donald Trump a salué une « vue magnifique » et s’est réjoui de la réussite de l’événement, malgré les critiques. Il a déclaré vouloir répondre « avec force » aux manifestants qualifiés par lui de « gens qui détestent notre pays », tout en réaffirmant son soutien aux manifestations pacifiques, selon la Maison Blanche.
Enfin, dans un contexte international tendu, Donald Trump a échangé dans la matinée avec Vladimir Poutine, abordant notamment les tensions entre Israël et l’Iran. Le président russe en a profité pour lui adresser ses vœux d’anniversaire.











