Une panne d’électricité massive a frappé lundi la péninsule ibérique et une partie du sud de la France, perturbant gravement les infrastructures de transport et soulevant de sérieuses questions sur la résilience énergétique européenne.
Une panne d’une ampleur inédite frappe l’Europe du Sud
Lundi en fin de matinée, une panne d’électricité majeure a paralysé l’Espagne, le Portugal et le sud de la France. Cette coupure, survenue de manière brutale, a provoqué une désorganisation des réseaux ferroviaires, une perturbation du trafic aérien, et a semé la panique parmi la population, notamment en Espagne, où de nombreux habitants se sont rués vers les distributeurs bancaires et à la recherche de signal mobile.
Réaction rapide des autorités espagnoles
Face à la gravité de la situation, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a convoqué une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité national. Lors d’une allocution, il a appelé au « civisme » et à la « responsabilité », tout en assurant que des mesures étaient prises pour un retour rapide à la normale. Grâce aux interconnexions avec la France et le Maroc, ainsi qu’à la réactivation de centrales à gaz et hydroélectriques, l’approvisionnement a progressivement été rétabli dans plusieurs régions.
L’opérateur Red Electrica a annoncé mobiliser « toutes les ressources » pour résoudre la panne, estimant entre 6 et 10 heures le délai nécessaire pour un rétablissement complet. Dès 17 heures, plusieurs zones du Nord, Sud et Ouest de l’Espagne avaient retrouvé l’électricité.
Origine de la panne encore inconnue
Pour l’heure, aucune cause précise n’a été déterminée. Selon Eduardo Prieto, un responsable de Red Electrica, il est trop tôt pour spéculer. Antonio Costa, président du Conseil européen, a confirmé qu’aucune cyberattaque n’était suspectée à ce stade.
Cependant, le réseau ferroviaire espagnol restera partiellement inopérant jusqu’au lendemain, selon Oscar Puente, ministre des Transports. La circulation des trains de moyenne et longue distance ne pourra pas être entièrement rétablie avant la fin de la journée.
Conséquences visibles dans les grandes villes
Dans les métropoles telles que Madrid et Barcelone, la panne a créé d’énormes embouteillages. De nombreux habitants, privés de réseau mobile et d’internet, se sont retrouvés désorientés. À Barcelone, Gloria Sanchis, une retraitée de 69 ans, expliquait attendre depuis plus d’une heure et demie un bus pour rejoindre l’aéroport, faute d’informations disponibles.
Les métros sont restés à l’arrêt, et la direction générale du trafic routier (DGT) a exhorté les automobilistes à limiter leurs déplacements. Du côté des services de santé, le ministère de la Santé a rassuré la population en indiquant que les hôpitaux continuaient de fonctionner grâce à des groupes électrogènes et disposaient de réserves suffisantes de carburant.
Par mesure de sécurité, les centrales nucléaires espagnoles ont également été arrêtées.
Le Portugal également impacté
Au Portugal, le gestionnaire du réseau électrique national (REN) a activé ses plans d’urgence. Toutefois, il restait incapable de prédire l’heure du retour à la normale. La panne aurait pour origine un problème sur le réseau de transport d’énergie en Espagne, selon le porte-parole du gouvernement portugais Antonio Leitao Amaro.
À Lisbonne, plusieurs quartiers ont subi des coupures de courant, provoquant notamment des pannes de feux de signalisation et l’évacuation de rames de métro.
Soutien européen et incidents en France
La Commission européenne est en contact étroit avec l’Espagne et le Portugal pour analyser l’incident. En France, le Pays basque a également été brièvement affecté, mais l’alimentation électrique a rapidement été rétablie. Le gestionnaire français RTE a indiqué avoir mobilisé ses équipes pour soutenir l’Espagne, fournissant jusqu’à 700 MW de capacité, avec possibilité d’augmenter à 950 MW.
Une crise qui rappelle des précédents historiques
Cette panne rappelle d’autres incidents majeurs survenus ces dernières années, comme en Tunisie en 2023, au Sri Lanka en 2020, en Argentine et en Uruguay en 2019, ainsi qu’en Inde en 2012. En Europe, un précédent notable avait eu lieu en novembre 2006, lorsqu’une défaillance en Allemagne avait plongé 10 millions de personnes dans le noir.












