La Chine annonce la création de l’Organisation internationale de médiation (OIMed), une structure basée à Hong Kong, destinée à résoudre pacifiquement les différends internationaux. Une initiative qui s’inscrit dans la stratégie diplomatique et géopolitique de Pékin.
Un outil diplomatique chinois à vocation mondiale
La Chine a officialisé la création d’un nouveau mécanisme multilatéral, baptisé Organisation internationale de médiation (OIMed), destiné à faciliter la résolution pacifique des différends internationaux. Cet organe, dont le siège sera installé à Hong Kong, devrait entrer en fonction fin 2025 ou début 2026.
L’objectif affiché est de combler un manque institutionnel dans le domaine de la médiation internationale, en proposant une alternative aux instances déjà existantes telles que la Cour internationale de justice ou la Cour permanente d’arbitrage de La Haye. Selon le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, cette organisation sera en mesure de gérer des conflits entre États, mais aussi entre États et acteurs privés ou entre entités privées de différentes nationalités.
Réhabiliter Hong Kong sur la scène internationale
L’implantation du siège de l’OIMed à Hong Kong répond à une volonté claire de redorer l’image de la ville, particulièrement affectée depuis l’instauration en 2020 d’une loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin. Cette mesure, très critiquée à l’international, avait terni la réputation de Hong Kong en tant que centre juridique et financier neutre.
Par cette décision stratégique, la Chine souhaite démontrer la fiabilité de son système judiciaire local et repositionner Hong Kong comme un acteur central dans la gouvernance mondiale. Ce choix symbolique vise également à consolider la ville comme lieu privilégié pour les négociations internationales, loin des sphères judiciaires occidentales.
Un projet soutenu par une diversité de pays
À ce jour, 31 États ont manifesté leur appui à la création de l’OIMed. Ce soutien provient de pays aux profils variés, tels que la Serbie, le Venezuela, le Pakistan ou encore la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Cette diversité témoigne de la volonté de Pékin de bâtir un cadre multilatéral indépendant des puissances occidentales.
Bien que les détails pratiques concernant le fonctionnement de l’OIMed restent encore à préciser — notamment en ce qui concerne les critères d’adhésion, les procédures de décision et la portée juridique de ses recommandations — l’intention est clairement affirmée : offrir un espace neutre pour résoudre les différends de manière amiable, sans recourir aux tribunaux traditionnels souvent jugés partiaux.
Un levier pour accroître l’influence de la Chine
L’OIMed s’inscrit dans une dynamique plus large de la politique étrangère chinoise, visant à élargir son influence diplomatique dans un monde multipolaire. Depuis le début des tensions commerciales avec les États-Unis, la Chine s’emploie à diversifier ses alliances et à proposer des modèles alternatifs aux institutions dominées par l’Occident.
À travers cette organisation, Pékin cherche à renforcer son soft power, en se présentant comme un acteur responsable, capable de favoriser la stabilité mondiale. Bien que son efficacité doive encore être démontrée, la création de l’OIMed marque un pas supplémentaire dans l’ambition chinoise de redéfinir les normes internationales selon ses propres standards.











