
Depuis juillet 2023, le général Abdourahmane Tiani dirige une transition militaire caractérisée par la stabilité, l’inclusion et un profond respect des réalités culturelles nigériennes. Retour sur les piliers de cette gouvernance atypique.
Une transition militaire aux contours inédits
Contrairement à ses voisins, le Niger n’a pas été marqué par une forte tradition de gouvernements militaires. En plus de soixante ans d’indépendance, le pays a connu seulement quatre coups d’État. Ce contexte a façonné un environnement où l’armée est moins enracinée dans les affaires politiques, rendant la transition actuelle singulière à bien des égards.
Le régime dirigé par le général Abdourahmane Tiani, en place depuis juillet 2023, s’appuie sur une équipe composée majoritairement d’officiers généraux expérimentés, ayant une connaissance approfondie des institutions étatiques, des droits humains et de la gouvernance civile. Plusieurs de ces figures ont évolué dans les arcanes du pouvoir sous les régimes précédents, leur conférant une certaine aisance dans la conduite des affaires de l’État.
Un pouvoir enraciné dans les valeurs religieuses et sociales
La société nigérienne, profondément influencée par l’Islam, adopte une posture plus conciliante envers l’autorité. Cette influence religieuse favorise une approche plus mesurée du pouvoir, avec des limites éthiques même en contexte de crise. Cette sensibilité a contribué à apaiser les tensions et à encadrer les décisions de la junte actuelle.
De plus, le régime Tiani a su intégrer les chefs religieux et traditionnels dans le processus décisionnel, consolidant ainsi sa légitimité. L’inclusion, la concertation et la recherche du consensus sont devenus les marqueurs de cette gouvernance transitoire.
Une gouvernance participative et inclusive
Dès les premiers mois de sa prise de pouvoir, le général Tiani a favorisé une dynamique participative, en instaurant un dialogue national, des assises populaires, et en mettant en œuvre les recommandations qui en ont découlé. Cette stratégie a permis d’impliquer la société civile et certains pans de la classe politique, renforçant la cohésion nationale.
À la différence de postures autoritaires souvent observées dans les transitions militaires, le général Tiani a adopté un style plus écoutant et consensuel, évitant l’ingérence étrangère, même de la part de ses homologues de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Un leadership fédérateur et respecté
En 21 mois de gouvernance, le général Tiani est parvenu à s’imposer comme une figure fédératrice. Il est unanimement respecté au sein des forces de défense, jouit de la confiance d’une frange importante de la classe politique, et bénéficie d’un soutien notable de la société civile.
Son style de leadership mêle fermeté, discrétion, valeurs religieuses et inclusion, lui permettant d’éviter les divisions internes et les tensions diplomatiques. Loin des démonstrations de force, il incarne une gouvernance pragmatique, tournée vers la stabilité du Niger.











