Le décès en détention de l’influenceur burkinabè Alino Faso à Abidjan provoque une vive réaction des autorités de Ouagadougou. Le Burkina Faso réclame des éclaircissements et dénonce un traitement jugé irrespectueux.
Tensions diplomatiques après la mort d’Alino Faso
Le Burkina Faso a convoqué, le 28 juillet 2025, la représentante diplomatique de la Côte d’Ivoire à Ouagadougou, à la suite du décès en prison de son ressortissant Alain Christophe Traoré, plus connu sous le nom d’Alino Faso. Cette démarche vise à obtenir des précisions sur les circonstances de sa mort et à exprimer l’indignation des autorités burkinabè.
Arrêté à Abidjan en janvier 2025, Alino Faso, 44 ans, était accusé d’« intelligence avec des agents d’un État étranger ». Il était détenu depuis dans les locaux de l’École de Gendarmerie ivoirienne.
Un décès troublant présenté comme un suicide
Le 24 juillet 2025, Alino Faso a été retrouvé mort dans sa cellule. Selon les premières déclarations du parquet d’Abidjan, il aurait tenté de se taillader les veines avant de se pendre à l’aide d’un drap. Une enquête judiciaire a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes du drame.
Cependant, à Ouagadougou, cette version suscite scepticisme et colère. Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a dénoncé l’absence de communication officielle préalable de la part des autorités ivoiriennes envers les représentations diplomatiques burkinabè.
Colère et indignation à Ouagadougou
Le ministre a critiqué un « manque d’égards » envers le peuple burkinabè et la famille du défunt, qui aurait appris la nouvelle par les réseaux sociaux. Il s’agit, selon lui, d’un « profond mépris » et d’un « grave manquement aux usages diplomatiques ».
Il a également regretté le délai de 72 heures entre le décès et la diffusion du communiqué ivoirien, jugé trop tardif et insuffisamment détaillé. En conséquence, le Burkina Faso demande que toute la lumière soit faite sur cette affaire et exige la remise du corps de son ressortissant pour permettre un rapatriement en vue des obsèques.
Un détenu politique controversé
Alino Faso était connu pour son soutien affiché à la junte militaire au pouvoir à Ouagadougou depuis le coup d’État de septembre 2022. Il était suspecté par les autorités ivoiriennes de liens avec les BIR-C, un collectif burkinabè actif sur les réseaux sociaux et accusé de mener des campagnes numériques hostiles envers Abidjan.
Bien qu’il ait été déchu de sa nationalité ivoirienne, Alino Faso était toujours citoyen burkinabè au moment de son arrestation et de son décès. Ce statut renforce la légitimité des demandes exprimées par le gouvernement burkinabè dans cette affaire à forte charge émotionnelle et politique.











