Le conflit entre l’État malien et la société minière canadienne Barrick Gold autour de la mine d’or Loulo-Gounkoto s’intensifie. Une impasse fiscale prolongée menace désormais l’économie nationale et les intérêts de l’entreprise.
Mine de Loulo-Gounkoto : tensions grandissantes entre le Mali et Barrick Gold
Depuis janvier 2025, la mine d’or de Loulo-Gounkoto, située dans l’ouest du Mali, est à l’arrêt. En cause, un conflit fiscal opposant l’État malien à l’opérateur Barrick Gold, l’un des principaux producteurs d’or au monde. L’enjeu financier, estimé à plusieurs centaines de millions de dollars, bloque toute reprise des activités, malgré plusieurs tentatives de médiation.
Le litige découle de l’adoption du nouveau code minier malien de 2023, qui prévoit une plus grande participation de l’État dans les projets miniers. Dans le sillage d’un audit sectoriel mené par les autorités, Barrick Gold s’est vu notifier d’importants arriérés d’impôts et de redevances impayées. Ces accusations ont été fermement contestées par la compagnie, qui refuse le montant exigé par le fisc malien.
Dans une escalade progressive, le gouvernement a procédé à la saisie de 3 tonnes d’or début 2025, précipitant la suspension des opérations de Barrick sur le site. Quelques semaines plus tard, quatre employés maliens de l’entreprise ont été arrêtés à Bamako. Des mandats d’arrêt ont même été lancés contre plusieurs dirigeants du groupe pour des soupçons de blanchiment d’argent.
Le 15 avril 2025, une nouvelle étape a été franchie avec la fermeture du bureau de Barrick Gold à Bamako, ordonnée par l’administration fiscale. Ce geste a été perçu comme une mesure de rétorsion après l’échec des négociations entamées en début d’année.
En février 2025, un accord préliminaire semblait pourtant en bonne voie. Il prévoyait le paiement de 275 milliards de francs CFA (environ 438 millions de dollars) par Barrick, en échange de la libération des employés détenus et de la restitution de l’or confisqué. Mais cette entente n’a jamais été officiellement validée par les autorités maliennes, laissant le dossier dans une impasse.
Face à la crise, plusieurs acteurs tentent une médiation. Le Syndicat des travailleurs












