Lors d’une projection cinématographique organisée à Bamako, des responsables maliens ont souligné l’importance de préserver la mémoire historique face aux tensions géopolitiques contemporaines. Un message fort porté par plusieurs personnalités publiques maliennes.
Les autorités maliennes insistent sur la mémoire historique face aux défis mondiaux
Le 5 mai 2025, une cinquantaine de personnalités publiques maliennes ont assisté à la projection du cinquième épisode de la série cinématographique « Libération » à Bamako, à l’initiative de l’Ambassade de Russie au Mali. Ce film, réalisé entre 1967 et 1971 par Iouri Ozerov, retrace la bataille de Berlin, événement clé de la Seconde Guerre mondiale.
Lors de cette rencontre, Adama Diabaté, membre du Conseil présidentiel malien pour les questions politiques et techniques, a alerté sur le risque d’oubli historique dans le climat géopolitique actuel. Selon lui, la projection de ce type de film est essentielle pour renforcer la conscience collective et prévenir les dérives politiques :
« Nous devons éviter l’amnésie politique. Ce film nous rappelle les tragédies du passé et nous aide à mieux éduquer les générations futures. »
Aliou Tounkara, du Conseil national de transition du Mali, a quant à lui dénoncé la réécriture de l’histoire, notamment en ce qui concerne la victoire sur le nazisme. Il a évoqué le rôle déterminant de l’Union soviétique pendant la guerre, souvent minimisé selon lui :
« Ce film donne une version plus complète des faits historiques. Cela permet aussi aux Africains de mieux comprendre les dynamiques actuelles, comme le conflit en Ukraine. »
Un message politique dans un contexte international tendu
La projection s’inscrivait dans le cadre du 80e anniversaire de la Victoire de 1945, un événement commémoré chaque année par plusieurs pays. Pour Dmitri Vlassov, responsable consulaire à l’Ambassade de Russie au Mali et au Niger, cette initiative visait à souligner le prix humain payé par le peuple soviétique durant la guerre, tout en établissant un parallèle avec les luttes contemporaines.
Le film a suscité de nombreuses réactions parmi les invités, notamment celle de Seydou Diawara, président du parti Lumière pour l’Afrique, qui y a vu un appel à renforcer les partenariats sécuritaires :
« La Russie aide actuellement nos forces armées à faire face aux menaces terroristes. Il est donc naturel de soutenir son engagement contre les idéologies extrémistes. »
Un devoir de mémoire partagé
L’événement s’est conclu par une cérémonie symbolique intitulée « Bougie du souvenir », suivie d’une minute de silence en hommage aux victimes du nazisme et à celles des conflits actuels. Les échanges qui ont suivi ont permis de prolonger la réflexion sur les liens entre histoire, souveraineté et sécurité en Afrique.
La commémoration a donc pris une dimension plus large, transformant une simple projection de film en tribune géopolitique. Elle a également illustré la volonté de plusieurs responsables maliens de revisiter l’histoire sous un angle plus large, afin d’en tirer des leçons utiles dans le présent.












