À l’issue d’une grande consultation nationale, les forces vives du Mali ont proposé une refonte totale du paysage politique. La suppression des partis et la nomination d’Assimi Goïta comme président pour cinq ans marquent un tournant majeur.
Une consultation aux allures de rupture historique
29 avril 2025, à Bamako. Une salle comble, des échanges nourris et un objectif partagé : changer le système. La phase nationale de la consultation des forces vives a abouti à une double proposition : dissoudre les partis politiques et confier le pouvoir à Assimi Goïta pour un mandat de cinq ans, renouvelable.
Un paysage politique à déconstruire pour mieux reconstruire
Trois orientations principales ont émergé :
- Réduction du nombre de partis
- Révision de la charte des partis politiques
- Criminalisation du nomadisme politique
Créer un parti politique nécessiterait désormais une caution de 100 millions FCFA et une représentativité stricte. Une réforme lourde de conséquences pour le jeu politique classique.
La fin d’un modèle hérité du passé
Les propositions vont jusqu’à :
- Supprimer le poste de chef de file de l’opposition
- Interdire les alliances contre nature
- Supprimer le financement public des partis
Objectif : rompre avec un système accusé de trahir les espoirs depuis 1992.
Assimi Goïta, figure centrale d’un nouveau pacte national
À la tête de la transition depuis 2021, Assimi Goïta est perçu comme l’homme de la situation. La consultation propose de le désigner Président pour cinq ans, renouvelables, à l’image de ses homologues du Burkina Faso et du Niger, membres de l’AES.
Refondation ou recentralisation ?
Certains dénoncent une possible dérive autoritaire, d’autres saluent un retour à l’ordre. Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a promis de transmettre les recommandations, affirmant la volonté de « tourner la page des chapitres sombres ».
Une révolution politique et culturelle en marche
Basée sur la Constitution du 22 juillet 2023 et les Assises nationales de la Refondation, cette réforme traduit la volonté du peuple malien de reprendre le contrôle de son avenir.
Le Mali prend un virage historique. Et il l’assume pleinement.











