Le 22 juillet 2025, le président de la Transition, Général d’armée Assimi Goïta, a reçu des mains du comité de rédaction la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, lors d’une cérémonie solennelle organisée au Centre international de conférences de Bamako (CICB). Ce document, fruit d’un processus consultatif national, ambitionne de devenir une référence fondamentale pour toutes les actions en faveur de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble au Mali.
Rédigée sur la base des recommandations issues du Dialogue inter-Maliens organisé entre février et mai 2024, la Charte s’ancre dans les valeurs sociétales maliennes telles que la tolérance, le pardon, la solidarité, le respect de l’autorité parentale, l’hospitalité, la citoyenneté et la redevabilité. Elle aspire à guider la conduite individuelle et collective dans la société, tout en servant de fondement à une unité nationale durable.
Le document est structuré en 16 titres et comprend 106 articles. Il se veut un texte structurant, à la fois ambitieux et inclusif, intégrant les dimensions économiques, sociales et culturelles du développement. Son objectif ultime est de poser les bases d’une réconciliation sincère et d’une paix durable dans toutes les régions du pays.
La Charte est le résultat d’un travail collectif impliquant l’ensemble des forces vives de la nation : anciens chefs d’État, anciens Premiers ministres, universitaires, membres de la diaspora, institutions républicaines, mais aussi la population à travers les représentations diplomatiques et consulaires. Le Premier ministre Abdoulaye Maïga, lors de l’atelier de restitution du 20 juillet 2025, a souligné l’importance de cette démarche endogène fondée sur les réalités socioculturelles du pays.
Après la remise officielle, le chef de l’État a précisé que le texte serait prochainement soumis à l’examen du Conseil national de Transition (CNT) pour adoption, avant d’être promulgué. Par ailleurs, il a annoncé la création d’un observatoire de suivi, chargé de veiller à l’application effective des dispositions de la Charte, assurant ainsi sa mise en œuvre concrète sur l’ensemble du territoire.
Malgré l’enthousiasme suscité par la remise de la Charte, certaines voix expriment des réserves quant à sa portée réelle dans un contexte sociopolitique toujours fragile. Des inquiétudes persistent notamment sur le sort des anciens responsables politiques en exil, les détenus pour délit d’opinion, ou encore la dissolution récente de partis politiques. Ces facteurs constituent autant d’obstacles à une réconciliation véritable.
Le défi à relever reste immense : restaurer la confiance entre les institutions et les citoyens, apaiser les tensions communautaires, et lutter contre l’insécurité persistante, en particulier dans le nord et le centre du pays. Plus que jamais, le succès de cette Charte dépendra de la volonté politique, de l’inclusivité des actions à venir et de la capacité des autorités à fédérer l’ensemble des Maliens autour d’une vision commune.











