Le 3 mai 2025, plusieurs partis politiques maliens se sont réunis devant le Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ à Bamako pour protester contre leur possible dissolution. Une réaction tardive qui soulève des interrogations sur leur absence lors des drames récents du pays.
Mobilisation politique au Palais de la Culture
Le 3 mai 2025, des centaines de militants et figures politiques se sont rassemblés à Bamako. À l’appel des formations politiques et de leurs alliés, la manifestation visait à contester les recommandations issues des consultations nationales, qui prévoient la dissolution des partis politiques. Les participants ont scandé des slogans en faveur du pluralisme politique et de la démocratie, dénonçant ce qu’ils considèrent comme une tentative de musellement.
Un réveil tardif face à la crise nationale
Depuis 2021, le Mali a traversé de nombreuses crises, sans réaction notable de la part des partis politiques maliens :
Massacre de 132 civils dans le cercle de Bankass
Attaque contre l’aéroport de Sévaré avec 61 blessés
Attaques coordonnées à Bamako contre la gendarmerie et une base aérienne
Abattage d’un drone malien par l’Algérie
Sabotage du bateau Le Tombouctou
Affaire des mercenaires ivoiriens
Reconquête de Kidal après dix ans d’occupation
Durant ces épisodes critiques, les voix politiques se sont fait rares, contrastant avec leur mobilisation actuelle.
Une défense des privilèges plus que des principes
La revendication du multipartisme semble davantage motivée par la volonté de sauvegarder un système partisan en perte de légitimité. De nombreuses formations n’existent que sur le papier ou servent de structures électorales. Le clientélisme et la désaffection populaire sont devenus des marqueurs du paysage politique malien.
Une conscience nationale mise à l’épreuve
Dans un contexte marqué par les souffrances des populations déplacées, les attaques contre les forces armées et l’effondrement de nombreux services publics, le silence des partis sur ces sujets interroge. Revendiquer un droit d’exister sans démontrer une volonté réelle de servir l’intérêt général affaiblit encore davantage la confiance du peuple.
Conclusion
Le pluralisme politique est essentiel, mais il doit être accompagné d’une conscience patriotique. Le peuple malien attend désormais des actions concrètes, bien au-delà des discours.











