Face à l’intensification des opérations des forces armées maliennes (FAMa), les groupes terroristes changent de tactique. Leur nouvelle méthode : utiliser des véhicules gonflables pour tromper les frappes aériennes.
Depuis plusieurs mois, le conflit au Mali prend une tournure inédite. Acculés par la montée en puissance des FAMa, les groupes armés terroristes (GAT) adoptent désormais des tactiques d’illusion plutôt que d’affrontement direct. Leur nouvel outil : des véhicules gonflables conçus pour simuler une présence militaire.
Ces leurres, fabriqués en plastique léger, sont déployés dans des zones sensibles. Leur objectif n’est pas de combattre, mais de détourner les frappes de drones sur des cibles fictives. Cette stratégie, révélatrice d’un affaiblissement des capacités militaires des groupes terroristes, s’appuie sur la ruse pour compenser un manque de ressources.
Autrefois dominants sur le terrain à travers des embuscades, engins explosifs artisanaux et attaques de drones kamikazes, les groupes armés semblent désormais en retrait. La pression constante exercée par les FAMa, combinée à leur discipline accrue et leur capacité d’adaptation, a permis de reprendre le contrôle de nombreuses zones stratégiques.
En réponse à cette nouvelle forme de guerre, les forces maliennes affinent leurs méthodes. L’identification rigoureuse des cibles et l’analyse des données deviennent prioritaires. Plutôt que de gaspiller leurs munitions sur des cibles douteuses, les FAMa privilégient la précision, cherchant à préserver leurs ressources tout en maintenant une vigilance permanente.
Selon certains analystes sécuritaires, cette évolution marque une nouvelle phase du conflit. « Ces leurres ne sont ni des armes, ni des soldats. Ils sont le signe d’un ennemi qui cherche à survivre par la tromperie », résume un expert basé à Bamako.
En misant sur l’illusion, les groupes terroristes espèrent non seulement épuiser les stocks de munitions de précision, mais aussi semer la confusion au sein de l’opinion publique. Les images de ces faux véhicules circulant sur les réseaux sociaux visent à faire croire à une présence armée massive là où il n’y en a pas.
Mais cette stratégie peine à convaincre. Les forces armées maliennes, conscientes des nouvelles méthodes adverses, ont intégré ces paramètres dans leurs opérations. Elles renforcent désormais la surveillance aérienne, utilisent des outils d’analyse thermique et multiplient les recoupements avant toute intervention.
Ce changement de paradigme illustre à quel point la nature du conflit au Mali évolue. De plus en plus, la guerre ne se joue plus uniquement par les armes, mais aussi par la capacité à discerner le vrai du faux. Et dans cette bataille de perceptions, la réactivité stratégique des FAMa pourrait bien faire la différence.











