À Bamako, le suicide d’une jeune lycéenne met en lumière le mal-être psychologique qui ronge une jeunesse confrontée à des pressions familiales et scolaires. Le drame soulève une urgence nationale encore trop ignorée.
Un matin tragique à Bamako
Le 24 avril 2025, au sein du Complexe scolaire privé Bagnélé Diarra, situé à Dioumanzana-Nafadji, la capitale malienne a été témoin d’un drame bouleversant. À 9h10, Awa Diarra, élève en terminale Sciences Exactes, a mis fin à ses jours, laissant une communauté scolaire en deuil et une nation en interrogation profonde.
Le poids du silence
Découverte dans son cartable, une lettre manuscrite d’Awa adressée à sa mère témoigne d’un immense désarroi intérieur. Avec des mots simples et empreints d’affection, elle écrit : « Maman, je t’aime, pardonne-moi. » Sans accuser personne, ses derniers mots révèlent une souffrance sourde, longtemps tue.
Un appel à la mobilisation collective
Dans une communication officielle, Mahamadou Diallo, directeur de l’établissement, a exprimé sa tristesse à la directrice de l’Académie d’enseignement de Bamako Rive Gauche. Il a insisté sur l’absence de signes avant-coureurs et sur l’urgence d’instaurer des dispositifs de soutien psychologique dans les écoles.
Ce drame, loin d’être isolé, met en lumière un mal-être profond partagé par de nombreux jeunes au Mali. La pression des résultats scolaires, cumulée aux attentes familiales souvent démesurées, enferme une partie de la jeunesse dans une spirale de solitude et de détresse psychologique.
L’absence criante de soutien psychologique
Alors que le Mali affronte d’importants défis économiques et sécuritaires, la santé mentale reste largement négligée. Très peu d’établissements scolaires disposent de psychologues. Les campagnes de sensibilisation sur la dépression et le suicide restent rares, exacerbant ainsi l’isolement des jeunes en souffrance.
Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé publiés en 2020, environ 8 personnes sur 100 000 se suicident chaque année au Mali, soit 806 décès, représentant 0,6 % des causes de mortalité. Néanmoins, l’ampleur du suicide en milieu scolaire demeure difficile à cerner faute de statistiques officielles.
Un message d’amour pour un sursaut national
Le dernier message d’Awa, loin d’être un appel à la révolte, est un appel à l’amour et au pardon. Son geste impose une réflexion collective sur l’importance de l’accompagnement psychologique et sur la nécessité urgente de réconcilier exigences éducatives et bienveillance.
Il devient impératif que les autorités éducatives, les familles et l’ensemble de la société malienne s’engagent à écouter et soutenir cette jeunesse en détresse. À Bamako comme ailleurs, plus aucun jeune ne devrait mourir d’avoir souffert en silence.











