Un mois après son enlèvement à Bamako, Alou Badra Sacko reste introuvable. Son silence inquiète profondément ses proches et ses compagnons de lutte, qui redoutent des représailles dans un climat de peur généralisée.
Une disparition inquiétante dans un climat de répression
Le 14 mars 2025, Alou Badra Sacko, figure emblématique de la société civile malienne, était enlevé en pleine rue à Bamako. Président du collectif « Touche pas à mon argent » et coordinateur du mouvement Appel du 20 février, il venait tout juste de présider une réunion dénonçant les nouvelles taxes imposées par les autorités de transition sur les services de télécommunications.
Depuis ce jour, aucune information officielle ne filtre sur son sort. Des sources indiquent qu’il serait détenu dans un centre secret de la Sécurité d’État. Sa famille, tout comme ses camarades militants, n’ont reçu aucune nouvelle. L’absence de communication nourrit la crainte et la résignation.
Un climat de peur paralysant
Pour ses proches, l’objectif est clair : instaurer un climat de terreur. Un militant proche de Sacko témoigne : « Personne n’ose réagir, tout le monde est paralysé par la peur. » Une tentative d’enlèvement de Mamadou Sidibé, autre membre actif du collectif, survenue le 25 mars 2025, n’a été déjouée que grâce à l’intervention de passants.
Ces événements ont provoqué un repli stratégique du mouvement. Des contacts ont bien été établis avec des organisations de défense des droits humains, mais aucune action en justice ni mobilisation publique d’ampleur n’a été entreprise à ce jour.
Un militant déterminé malgré la répression
Agé d’environ 60 ans, souffrant de diabète et d’hypertension, Alou Badra Sacko reste néanmoins ferme dans ses convictions. Une source sécuritaire malienne rapporte qu’il aurait pu être libéré récemment, mais sa détermination à poursuivre ses actions contestataires aurait convaincu ses geôliers de prolonger sa détention.
« Il ne plie pas, et cela inquiète les autorités », confie cette même source. Pour ses compagnons de lutte, cette fermeté est à la fois admirable et préoccupante, car elle pourrait aggraver sa situation.
Silence des autorités, résistance des militants
Dans un pays en transition, où la parole contestataire devient risquée, la disparition d’Alou Badra Sacko soulève de sérieuses préoccupations sur le respect des libertés fondamentales. Si ses partisans restent prudents, ils assurent que leur engagement demeure intact. « Nous nous adaptons, mais nous n’abandonnons pas », confie un membre du collectif.
La situation reste tendue, et l’attente d’une issue favorable s’éternise. En l’absence d’informations vérifiables, les craintes pour la santé et la sécurité de Sacko grandissent chaque jour.











