Le Mali amorce une nouvelle ère énergétique en misant sur le solaire pour réduire sa dépendance extérieure. Face à une crise de l’électricité exacerbée par ses ruptures diplomatiques, le pays investit dans des solutions renouvelables.
Une stratégie énergétique repensée dans un contexte de rupture
Depuis sa sortie de la CEDEAO et la détérioration de ses relations avec la France, le Mali opère un virage stratégique majeur dans la gestion de son approvisionnement énergétique. Le pays enclavé, frappé par des délestages fréquents et une demande croissante en électricité, cherche à surmonter sa dépendance vis-à-vis de partenaires extérieurs en s’appuyant sur ses ressources naturelles, notamment le potentiel solaire.
Entre le 28 et le 30 avril 2025, Bamako a accueilli la toute première édition du Salon international du numérique, de l’innovation et des énergies renouvelables. L’événement a permis de rassembler acteurs publics, startups et spécialistes de l’énergie autour d’un objectif commun : bâtir un avenir énergétique plus résilient et local.
Un réseau électrique sous pression
En 2020, le taux d’électrification au Mali s’élevait à 50,56 %, avec de fortes disparités entre les zones urbaines (96 %) et rurales (21,12 %). Bien que ces chiffres restent proches de la moyenne continentale, la situation s’est dégradée depuis le départ de la CEDEAO en janvier 2022, selon un rapport publié en 2023 par le directeur général d’Électricité Du Mali. Dans certaines régions, les coupures de courant peuvent atteindre 18 heures par jour, alors que la demande énergétique a progressé de 8 % en un an, atteignant 1 200 MW.
Le système électrique malien repose encore à 70 % sur des sources thermiques, une solution à la fois coûteuse et instable, notamment en période de sanctions économiques. Cette forte dépendance alourdit les finances publiques, déjà mises à rude épreuve par les bouleversements géopolitiques récents.
Le solaire au cœur d’une vision souverainiste
Pour répondre à cette crise, le Mali mise désormais sur l’énergie solaire comme levier de souveraineté. Plusieurs innovations ont été dévoilées lors du salon de Bamako, notamment par la startup I Kia, qui propose une technologie optimisant la gestion de la rentabilité des panneaux solaires. « L’idée est de limiter les pertes entre la plaque solaire et le stockage », a expliqué Diakaridia Ongoïba, organisateur de l’événement.
Les projections montrent qu’un investissement de 1,3 milliard de dollars serait nécessaire pour assurer une électrification universelle. Plus de la moitié de cette somme serait destinée à la mise en place de mini-réseaux autonomes, principalement alimentés par le solaire, adaptés aux réalités locales.
Une dynamique régionale dans l’AES
Le Mali n’est pas seul dans cette dynamique. Au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), formée avec le Burkina Faso et le Niger, les trois pays coordonnent leurs efforts pour renforcer leur autonomie énergétique











