En l’espace de deux jours, l’armée malienne a essuyé deux attaques violentes à Tombouctou et à Boulkessi. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) en a revendiqué la responsabilité.
L’armée malienne visée par deux attaques en 48 heures
Les Forces armées maliennes (FAMa) ont été la cible de deux offensives distinctes entre le 1er et le 2 juin 2025, l’une à Boulkessi, dans le centre du Mali, et l’autre à Tombouctou, dans le nord du pays. Ces attaques ont été revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda.
Tombouctou : une attaque simultanée sur un camp militaire et un aéroport
Le 2 juin 2025, vers 10 heures, une tentative d’infiltration par des combattants armés a été détectée près du camp militaire et de l’aéroport de Tombouctou. Selon l’état-major malien, les forces en place ont réagi rapidement, empêchant les assaillants d’atteindre leurs objectifs. 31 suspects ont été interpellés et 14 neutralisés.
Des obus ont été tirés en direction de l’aéroport, situé à environ deux kilomètres du centre-ville. Un véhicule piégé aurait explosé non loin du camp militaire, causant des échanges de tirs nourris dans la ville. Une source locale a précisé que les installations de l’aéroport n’ont pas été prises d’assaut en raison de la présence d’éléments étrangers, possiblement liés au groupe Wagner, opérant aux côtés des FAMa.
Le gouvernorat de Tombouctou a assuré que la situation était « sous contrôle » dès l’après-midi. Toutefois, des mouvements suspects ont été signalés dans plusieurs quartiers de la ville.
Boulkessi : une base stratégique lourdement frappée
La veille, le 1er juin 2025, une attaque de grande envergure avait visé la base militaire de Boulkessi, dans la région de Douentza. Le bilan officiel fait état d’au moins 30 militaires tués, selon une source sécuritaire à Bamako. Des soldats sont également portés disparus.
Un élu local a évoqué un bilan bien plus lourd, avec potentiellement 60 victimes, incluant morts, disparus et otages. L’armée n’a pas communiqué de chiffres précis mais a souligné que les unités sur place avaient résisté « jusqu’au bout », avant de se replier.
Des frappes de représailles ont été menées par les FAMa contre des positions terroristes dans la région, entraînant la destruction de plusieurs regroupements ennemis.
Le JNIM revendique une série d’opérations coordonnées
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a revendiqué les deux attaques dans des publications diffusées sur ses canaux de communication. Ces assauts s’inscrivent dans une dynamique plus large de déstabilisation des zones militaires maliennes, notamment par des incursions rapides, des tirs d’obus et des attentats à la voiture piégée.
Le JNIM et l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) intensifient leurs actions dans la région, avec des stratégies ciblant les axes routiers, encerclant les villes et multipliant les blocus. Malgré les efforts déployés par les autorités, la pression reste forte sur les zones frontalières et les points stratégiques.











