Le vol de bétail en Afrique de l’Ouest atteint des proportions alarmantes, devenant une source clé de financement pour les groupes armés. Ce fléau touche particulièrement le Mali, le Burkina Faso et le Nigeria, où des millions d’animaux ont été dérobés en quelques années. Les pertes économiques sont estimées à plusieurs centaines de millions de dollars, mettant en péril l’élevage, pilier des économies locales.
En 2021, le Mali a enregistré près de 130 000 têtes de bétail volées, dépassant les totaux combinés de 2018, 2019 et 2020. Ces chiffres émanent du gouvernorat de Mopti et confirment la gravité croissante du phénomène.
Le vol de bétail représente la troisième activité criminelle en importance en Afrique de l’Ouest (22 %), derrière le trafic d’armes (56 %) et les enlèvements contre rançon (39 %).
Selon le Dr Lionel Gbaguidi de la FAO, les pertes atteignent 432 millions de dollars au Nigeria, 32 millions de dollars au Mali entre 2016 et 2022, et 3,2 millions de dollars au Sénégal chaque année.
Entre 2019 et 2022, le Mali a perdu 887 000 bovins et 446 000 petits ruminants, soit 6,4 millions de dollars par an. Le Burkina Faso fait face à une situation plus critique avec 8 millions de têtes volées entre 2017 et 2021. Au Nigeria, les pertes totalisent 432 millions de dollars en 5 ans.
Dans la région de Mopti, les bénéfices liés au bétail volé s’élèvent à 730 000 dollars annuels. Au Burkina Faso, les groupes armés gagnent jusqu’à 50 000 dollars par mois grâce à cette activité.
Lors de l’atelier régional organisé les 3 et 4 décembre 2024 à Saint-Louis (Sénégal), Djakalia Ouattara a souligné la nécessité d’une approche régionale pour endiguer ce phénomène. Dr Astou Fall appelle à des solutions technologiques innovantes, en complément de la législation en vigueur.
Au Sénégal, entre 22 000 et 30 000 têtes de bétail sont volées chaque année. Cela représente une perte moyenne de 2 milliards de FCFA pour les éleveurs.
La lutte contre le vol de bétail est donc un enjeu crucial pour la sécurité alimentaire et la stabilité régionale. Une coopération internationale efficace est indispensable pour enrayer cette économie criminelle qui alimente les conflits.











