Le gouvernement malien a adopté une nouvelle révision de la Charte de la transition, prolongeant le mandat du président de la transition, le général Assimi Goïta, pour une durée de cinq ans. Cette décision intervient dans un contexte régional marqué par des bouleversements politiques et sécuritaires.
Une prolongation de mandat actée par le Conseil des ministres
Le Conseil des ministres du Mali a adopté, le 11 juin 2025, un projet de loi visant à modifier une fois de plus la Charte de la Transition. Ce texte, fondamental pour encadrer la période transitoire depuis la prise de pouvoir par les militaires en 2020, prévoit désormais l’allongement du mandat du président de la transition, le général Assimi Goïta, pour une période de cinq ans supplémentaires.
Retour sur une transition prolongée
La transition politique malienne avait officiellement débuté en septembre 2020 pour une durée initiale de 18 mois. Toutefois, cette période a été prorogée à plusieurs reprises. Le 7 juin 2021, Assimi Goïta, alors colonel, prêtait serment comme président de la transition. Un délai de trois ans lui avait alors été accordé pour organiser des élections avant février 2024.
Mais les échéances prévues n’ont jamais été respectées, et la situation sécuritaire et politique s’est complexifiée dans la sous-région. La chute du président Mohamed Bazoum au Niger en 2023 a marqué un tournant. Face aux injonctions de la CEDEAO réclamant des élections, les régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont consolidé leurs liens.
Naissance de l’Alliance des États du Sahel
Dans ce contexte, est née l’Alliance des États du Sahel (AES), rassemblant les trois pays dirigés par des juntes militaires. Cette alliance se présente comme un contrepoids à la CEDEAO, considérée par ses membres comme hostile à leur souveraineté.
Au sein de l’AES, l’idée d’organiser des élections est désormais reléguée au second plan. Au Burkina Faso, les partis politiques ainsi que la Constitution ont été suspendus. Le Niger a suivi une trajectoire similaire avec la mise en veille des partis et l’instauration d’un mandat de cinq ans pour le général Abdourahamane Tiani.
Au Mali, vers une transition sans fin ?
À Bamako, l’organisation des élections est reportée, évoquant un « léger report ». Parallèlement, des mesures sont prises pour dissoudre les partis politiques, ce qui va à l’encontre des recommandations issues des Assises nationales de la refondation, qui préconisaient plutôt une réduction du nombre de formations politiques.
Face à ces dynamiques régionales et à une insécurité persistante, les autorités maliennes justifient la nouvelle prolongation de la transition. Dans le communiqué publié à l’issue du Conseil des ministres, le gouvernement estime que le pays reste confronté à des « menaces de déstabilisation internationale » et à des « atteintes aux intérêts vitaux des populations ».
Une transition au nom de la sécurité
Cette nouvelle version de la Charte de la Transition est présentée comme une nécessité pour garantir la stabilité et permettre une pacification totale du pays. Pour ses initiateurs, elle s’inscrit dans une logique de souveraineté, commune aux pays membres de l’AES, qui rejettent toute ingérence étrangère dans leur processus de gouvernance.











