Le Burkina Faso franchit une étape stratégique en matière de défense nationale. Le pays vient d’officialiser la création d’un établissement de formation militaire de haut niveau.
Le 15 mai 2025, le gouvernement burkinabè a validé, lors du Conseil des ministres, un décret portant création d’une institution d’enseignement militaire supérieur. Cette décision marque un tournant historique pour les forces armées nationales, longtemps dépendantes de la formation à l’étranger.
Depuis son indépendance en 1960, le Burkina Faso a formé la grande majorité de ses officiers supérieurs à l’extérieur, principalement dans des pays partenaires. Cette nouvelle structure vise à pallier cette dépendance en assurant une formation stratégique directement sur le territoire national.
L’objectif de cette institution d’enseignement militaire est multiple : elle devra non seulement former une élite militaire dotée de compétences avancées en commandement, en gestion des crises, en géopolitique et en stratégie militaire, mais aussi renforcer la souveraineté nationale dans un contexte régional marqué par l’instabilité sécuritaire.
En outre, cette école supérieure de guerre ambitionne d’établir une coopération militaire sous-régionale et régionale. En accueillant des officiers issus de pays voisins ou alliés, le Burkina Faso espère devenir un acteur clé de la sécurité collective en Afrique de l’Ouest.
Cette initiative s’inscrit dans une vision de long terme visant à professionnaliser durablement les forces armées et à renforcer leur capacité à répondre aux menaces multiformes auxquelles le pays fait face, notamment le terrorisme et les crises internes.
La mise en place de cette institution représente également un pas vers une résilience nationale accrue, en permettant au pays de développer ses propres doctrines militaires et de mieux adapter ses stratégies aux réalités du terrain.
Le projet bénéficiera d’un encadrement de haut niveau et devrait s’accompagner d’un dispositif logistique et pédagogique renforcé. Si aucun calendrier n’a encore été précisé, le gouvernement burkinabè affiche une volonté ferme d’accélérer sa mise en œuvre.
La création de cette institution d’enseignement militaire intervient dans un contexte où les enjeux de formation locale et de souveraineté sécuritaire deviennent cruciaux pour les États sahéliens confrontés à des défis communs.












