Depuis la fin de l’année 2023, et la reprise de Kidal par les forces armées maliennes et leurs supplétifs, la ville peine à retrouver une dynamique urbaine. Malgré le retour progressif de l’administration malienne, l’absence persistante des habitants freine tout redémarrage social et économique.
Une administration présente mais sans public
La reconquête de Kidal devait incarner un retour de l’autorité de l’État dans le nord du Mali. Le gouvernement malien a ainsi réinstallé les services administratifs dans le chef-lieu de la huitième région.
Les premiers responsables des structures publiques ont regagné leurs postes. Des enseignants ont été mobilisés, tout comme les agents des autres secteurs sociaux. Mais l’essentiel fait défaut : les administrés.
Une ville sans vie sociale
De nombreux habitants de Kidal ont préféré se réfugier en Algérie, laissant derrière eux leurs maisons, désormais livrées aux reptiles et au bétail errant. Les établissements scolaires et centres de santé sont sous-utilisés, faute de bénéficiaires.
L’économie locale, elle aussi, reste à l’arrêt. Les marchés sont peu fréquentés, les commerces fermés, la circulation quasi inexistante.
Un trophée stratégique, mais sans impact immédiat
La reconquête de Kidal est un atout stratégique. Cependant, l’impact sur le terrain demeure faible. Le défi aujourd’hui est de transformer cette avancée militaire en une relance durable du tissu civil.
Sans sécurité stable ni mesures d’accompagnement, les conditions ne sont pas réunies pour un retour massif des populations. Il faut penser à l’avenir psychologique et économique de la ville.
Une renaissance encore incertaine
Relancer Kidal passe par une politique globale : sécurisation des zones habitées, amélioration des services sociaux et surtout rétablissement de la confiance.
Sans la présence de ses citoyens, la ville ne pourra retrouver son statut d’antan. Tant que les Kidalois resteront absents, la reprise restera incomplète.











