Dans le nord du Ghana, des femmes vulnérables sont la cible d’accusations de sorcellerie, les forçant à fuir leur foyer. Amnesty International dénonce l’inaction des autorités face à ces abus.
Des centaines de femmes contraintes à l’exil dans le nord du Ghana
Des centaines de femmes, principalement âgées et marginalisées, ont été contraintes de fuir leur village dans le nord du Ghana. C’est ce que révèle un nouveau rapport publié par Amnesty International le 14 avril 2025, qui dénonce de graves atteintes aux droits humains liées à des accusations de sorcellerie.
Ces femmes, souvent issues de communautés rurales défavorisées, sont injustement désignées comme responsables de maux sociaux ou familiaux. Dans de nombreux cas, les accusations proviennent de proches, entraînant des représailles physiques, des expulsions forcées, voire des meurtres.
Une réalité encore profondément ancrée dans les croyances locales
La croyance en la sorcellerie reste fortement enracinée dans plusieurs zones rurales d’Afrique de l’Ouest. Au Ghana, certaines populations continuent de considérer les événements tragiques ou inexplicables comme le résultat d’actions surnaturelles. Ces idées contribuent à stigmatiser particulièrement les femmes âgées, isolées ou veuves.
Amnesty International souligne que ces violences sont rarement signalées aux autorités. Le nombre de victimes ne cesse pourtant de croître, dans un climat de peur généralisée. Les femmes accusées sont souvent contraintes de fuir sans assistance, sans protection juridique ni possibilité de réintégration.
Un cadre légal encore inefficace malgré une tentative législative
En juillet 2023, le Parlement ghanéen a voté une loi criminalisant les accusations de sorcellerie. Toutefois, cette loi n’a pas été promulguée par le président de l’époque, Nana Akufo-Addo, bloquant ainsi toute avancée juridique concrète.
Face à ce vide, Amnesty International appelle le gouvernement à mettre en place une stratégie nationale de sensibilisation et à développer des programmes de réintégration pour les victimes. L’ONG insiste également sur la nécessité de garantir une protection effective à toutes les femmes ayant subi des préjudices en lien avec des accusations infondées.
Conclusion : des vies suspendues à des croyances archaïques
La situation des femmes accusées de sorcellerie au Ghana met en lumière l’urgence d’un engagement politique fort contre les violences basées sur des croyances traditionnelles. Sans actions concrètes, ces femmes continueront de vivre dans l’ombre, privées de dignité, de justice et de sécurité.











