Un homme de 27 ans a été condamné à un an de prison ferme à Lyon pour avoir incendié un exemplaire du Coran devant une mosquée. Le tribunal a jugé cet acte comme une atteinte grave à la cohésion sociale, malgré l’état psychiatrique du prévenu.
Un geste provocateur sanctionné par la justice
Le tribunal correctionnel de Lyon a prononcé, ce mercredi 30 juillet 2025, une peine d’un an de prison ferme à l’encontre d’un homme de 27 ans, reconnu coupable d’avoir incendié un exemplaire du Coran dans la nuit du 1er au 2 juin devant la mosquée Errahma, située à Villeurbanne, dans le département du Rhône.
Le prévenu, qui souffre de schizophrénie paranoïde et est suivi médicalement depuis l’âge de 18 ans, avait récupéré un Coran destiné aux fidèles de la mosquée avant de l’embraser à l’extérieur de l’édifice religieux. Ce geste avait eu lieu peu avant la première prière du matin.
Une arrestation rapide grâce à la vidéosurveillance
Alertés par un témoin ayant réussi à éteindre les flammes, les responsables de la mosquée avaient signalé les faits aux autorités. Les forces de l’ordre ont rapidement identifié le suspect en exploitant les images de vidéosurveillance. L’homme a été interpellé dans les jours suivants.
Un passé judiciaire et un discernement altéré
Lors de l’audience, le prévenu a nié toute intention islamophobe, expliquant qu’il ne voyait dans son geste qu’une action dénuée de symbolisme religieux. Il a affirmé que, pour lui, « ce n’était qu’un livre », et qu’il n’avait rien contre la communauté musulmane.
Suivi médicalement et placé sous curatelle renforcée depuis deux ans, il a reconnu la gravité de son acte, tout en mettant en avant les effets de sa maladie. Le tribunal a toutefois retenu que son discernement était altéré, mais non aboli, au moment des faits.
Le parquet avait requis une peine plus lourde
La procureure Hannah Tellier avait requis 15 mois de prison ferme, soulignant un risque de récidive important compte tenu du passif judiciaire du prévenu. Celui-ci a déjà été condamné trois fois par le passé, notamment pour violences, menaces homophobes et vol.
Le président du tribunal a rappelé certains propos xénophobes tenus antérieurement par le prévenu devant un juge, soulignant un comportement inquiétant.
Réactions des parties civiles
L’acte avait suscité une vive émotion au sein de la communauté musulmane locale. Plusieurs responsables religieux et élus avaient dénoncé un acte islamophobe, notamment lors d’un rassemblement de soutien organisé peu après les faits.
Pour Me Sefen Guez Guez, avocat de l’association Errahma et du Conseil des mosquées du Rhône, la décision du tribunal constitue « une réponse satisfaisante et juste ». Il a salué le fait que les voix des plaignants aient été entendues.
Interdiction de séjour à Villeurbanne
En plus de la peine de prison, le tribunal a prononcé une interdiction de paraître à Villeurbanne pendant deux ans. Cette mesure vise à prévenir toute tension future et à garantir la tranquillité des lieux de culte.











