L’État malien a engagé une procédure judiciaire contre la société canadienne Barrick Mining pour récupérer le contrôle de la mine d’or Loulo-Gounkoto. Le tribunal de commerce de Bamako a accueilli les deux parties le 15 mai 2025 pour une audience décisive à huis clos.
Un bras de fer judiciaire pour Loulo-Gounkoto
L’État malien et la société minière canadienne Barrick Mining se retrouvent devant la justice pour trancher le sort de la prestigieuse mine d’or Loulo-Gounkoto, située dans l’ouest du pays. Le 15 mai 2025, les deux parties ont débattu à huis clos devant le tribunal de commerce de Bamako. L’objectif du gouvernement malien est clair : obtenir l’autorisation de désigner un administrateur provisoire pour diriger le site, dont les activités sont suspendues depuis janvier 2025.
Un nouveau cadre juridique à l’origine des tensions

Le conflit prend racine dans l’adoption du nouveau code minier malien en 2023, qui renforce la souveraineté de l’État sur les ressources naturelles et impose un encadrement plus strict des contrats d’exploitation. Fort de ce nouvel arsenal législatif, le gouvernement de transition a exigé la renégociation des accords avec Barrick Mining, une requête vivement contestée par le géant canadien.
Vers une possible nationalisation ?
La procédure judiciaire pourrait ouvrir la voie à une nationalisation complète de Loulo-Gounkoto. Si le tribunal valide la demande de l’État, un gestionnaire indépendant pourrait être nommé pour reprendre les opérations, excluant ainsi Barrick Mining du processus. Ce scénario, autrefois impensable, devient de plus en plus plausible dans un contexte de réaffirmation de la souveraineté économique du Mali.
Un procès au-delà de Loulo-Gounkoto
L’audience devant le tribunal de Bamako dépasse le simple cadre de cette mine d’or. Elle symbolise une potentielle reconfiguration de la politique minière malienne, marquée par une réduction de l’influence étrangère au profit d’une gestion plus souveraine.
Pour Barrick Mining, cette affaire représente un défi de taille. L’entreprise, autrefois considérée comme un partenaire privilégié, doit désormais justifier sa légitimité face aux accusations de non-paiement et de manquements contractuels. L’issue de ce litige pourrait même faire jurisprudence, influençant les relations futures entre le Mali et les entreprises minières étrangères.











