À Diboli, à la frontière entre le Mali et le Sénégal, un scanner douanier acquis pour plusieurs centaines de millions de francs CFA reste inutilisé depuis son installation. Malgré une inauguration en grande pompe, l’équipement n’est toujours pas opérationnel, suscitant de nombreuses interrogations. Ce projet, censé incarner la modernisation douanière, illustre désormais un cas inquiétant de gaspillage de ressources publiques.
Un projet ambitieux pour sécuriser les frontières
Le poste douanier de Diboli, situé à la frontière entre le Mali et le Sénégal, avait été désigné comme site stratégique dans le cadre d’un programme de modernisation du contrôle des marchandises. L’élément central de ce dispositif était l’installation d’un scanner de haute technologie, acquis pour plusieurs centaines de millions de francs CFA. Ce matériel devait permettre de détecter plus efficacement les produits illicites ou dangereux entrant sur le territoire malien.
L’annonce du projet avait été accueillie favorablement. Elle représentait, pour beaucoup, une volonté affichée du gouvernement de renforcer les capacités de surveillance et de lutte contre la fraude douanière.
Un équipement toujours inactif
Mais plusieurs mois après son inauguration officielle en grande pompe au début de l’année, le scanner douanier n’est toujours pas opérationnel. Cette inactivité prolongée suscite une vague de frustration parmi les agents sur le terrain, mais aussi au sein de l’opinion publique.
Les raisons de cette paralysie restent floues. Selon plusieurs sources, il pourrait s’agir de problèmes techniques non résolus, tels qu’une alimentation électrique instable, ou encore d’un manque de personnel formé. Certains évoquent aussi des blocages administratifs ou un désintérêt politique pour la finalisation du projet.
Des conséquences économiques et sécuritaires
L’absence de mise en service de cet outil engendre des conséquences sérieuses. Sur le plan sécuritaire, les marchandises suspectes peuvent continuer à franchir la frontière sans contrôle rigoureux. Sur le plan fiscal, cela ouvre la voie à des pratiques de sous-évaluation, de fraude et à d’importantes pertes de recettes douanières.
« Pourquoi investir autant si c’est pour ne jamais utiliser l’appareil ? », s’interroge un douanier. Pour lui, il s’agit d’un gaspillage flagrant de ressources publiques.
Des interrogations sans réponse
Le choix de l’emplacement du scanner, problématique en saison des pluies, fait aussi partie des critiques. Certains parlent même de négligence volontaire ou de mauvaise planification. L’absence de réponse claire des autorités compétentes alimente les soupçons et renforce le sentiment d’abandon.
Un symbole de plus du malaise administratif
Tant qu’aucune explication officielle ne sera donnée et qu’aucune mesure concrète ne sera prise pour rendre ce scanner fonctionnel, l’équipement de Diboli restera perçu comme un éléphant blanc : une dépense somptuaire sans impact réel, au détriment de l’intérêt général.












