Les Émirats arabes unis franchissent un cap en promulguant une loi inédite dans la région visant à encadrer la lutte contre le changement climatique. Ce cadre légal impose aux entreprises de surveiller et limiter leurs émissions de gaz à effet de serre.
Un engagement climatique juridiquement encadré
Les Émirats arabes unis ont officialisé l’entrée en vigueur, ce vendredi, d’une loi nationale sur le changement climatique. Ce texte, validé il y a neuf mois, instaure un dispositif contraignant pour les entreprises publiques et privées, les obligeant à mesurer et à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, principales responsables du réchauffement climatique.
Cette initiative marque une première dans la région du Golfe, traditionnellement axée sur les hydrocarbures, et représente une étape significative dans la stratégie climatique du pays.
Une feuille de route vers la neutralité carbone
Cette nouvelle législation intervient alors que le pays vise la neutralité carbone d’ici 2050. Bien que cet objectif n’intègre pas les émissions générées par le pétrole exporté, le gouvernement ambitionne de réduire de 47 % ses émissions d’ici 2035 par rapport aux niveaux de 2019, comme le stipule sa dernière soumission à l’ONU dans le cadre de l’Accord de Paris.
L’organisation Greenpeace MENA salue ce texte, soulignant qu’il représente une avancée dans l’institutionnalisation des efforts climatiques dans la région. Selon sa directrice exécutive, Ghiwa Nakat, il constitue « un exemple fort » pour les autres pays du Moyen-Orient.
Des obligations renforcées pour les entreprises
Selon le décret-loi, toutes les entreprises opérant sur le territoire sont désormais tenues de suivre un protocole strict : elles doivent mesurer régulièrement leurs émissions, soumettre des rapports périodiques, et surtout, mettre en œuvre des actions concrètes de réduction.
En cas de non-respect, des sanctions financières pouvant atteindre 2 millions de dirhams (environ 480 000 euros) sont prévues. Cette législation introduit ainsi un mécanisme de contrôle et de responsabilisation qui pourrait faire école dans la région.
Des défis à venir pour la mise en œuvre
Si le texte marque une avancée juridique, Greenpeace MENA rappelle que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour assurer une réelle efficacité. L’organisation suggère notamment la définition d’objectifs sectoriels précis, notamment dans les domaines de l’énergie et des transports, pour garantir l’impact des mesures prises.











