Un rassemblement politique prévu à Bamako a été interrompu par des groupes pro-régime. L’incident ravive les inquiétudes autour de la liberté d’expression au Mali.
Une manifestation empêchée au Palais de la culture
Le 3 mai 2025, une réunion politique prévue au Palais de la culture de Bamako n’a pas pu se tenir comme prévu. Organisée par une coalition de partis politiques pour réclamer le respect des textes républicains, l’initiative a été interrompue par une action coordonnée entre des groupes de jeunes pro-Transition et des forces de l’ordre. Le meeting devait commencer à 15 heures, mais l’intervention a stoppé net les préparatifs.
Selon des témoins, les militants présents ont été contraints de quitter les lieux, sans qu’aucun motif légal ne soit clairement formulé. Les observateurs dénoncent une restriction injustifiée d’une activité autorisée, nourrissant les critiques à l’égard du climat politique actuel.
Indignation au sein de la société civile
Dans plusieurs cercles de discussions, notamment au sein du traditionnel grin, lieu informel de débat populaire, l’événement est au cœur des préoccupations. Les participants ont exprimé leur désaccord face à ce qu’ils qualifient de dérive autoritaire. Pour eux, empêcher un rassemblement légalement organisé est une atteinte directe à la liberté d’expression et un recul démocratique préoccupant.
Ils soulignent que la Transition, censée conduire le pays vers une stabilité politique durable, semble au contraire favoriser des pratiques d’exclusion et de répression. Certains estiment que ces comportements alimentent la méfiance des citoyens envers les autorités de transition, qui étaient pourtant porteuses d’espoir à leur arrivée.
La liberté d’expression, un pilier à protéger
Les membres du grin rappellent que dans toute société démocratique, la liberté de parole est essentielle. « Pour que les citoyens puissent contribuer efficacement au fonctionnement de leur pays, ils doivent pouvoir s’exprimer librement, sans peur de représailles », soutient l’un d’eux. À leurs yeux, c’est en garantissant un espace ouvert au débat que les problèmes de fond peuvent être identifiés et résolus durablement.
Ils appellent donc les autorités à créer un climat de confiance, où les citoyens se sentent en sécurité pour faire entendre leur voix. Ce dialogue inclusif permettrait d’éviter les frustrations sociales et politiques, tout en consolidant les acquis démocratiques.
Une culture de tolérance comme socle de gouvernance
Enfin, les membres insistent sur la nécessité d’ancrer la gouvernance dans les valeurs culturelles du pays. « Nos traditions valorisent le dialogue et la concertation. Ce sont ces principes que nous devons réactiver pour construire un avenir commun », concluent-ils. Pour eux, une gouvernance vertueuse ne peut s’établir qu’en respectant les droits fondamentaux, dont celui de s’exprimer librement.











