À Bamako, un jeune chauffeur de moto-taxi partage son quotidien marqué par les attaques répétées du paludisme. Son témoignage dévoile l’impact profond de cette maladie sur la vie professionnelle et familiale.
Le paludisme, une épreuve récurrente pour les travailleurs de terrain
Sous l’ombre légère d’un manguier en périphérie de Bamako, Modi Coulibaly, 28 ans, repose sur sa moto, le visage marqué par l’épuisement. Son regard fatigué et les perles de sueur sur son front trahissent une récente rechute du paludisme, une maladie qu’il connaît depuis l’enfance.
« Cette maladie, je la connais trop bien. Je l’ai eue tellement de fois que je ne les compte plus », murmure-t-il, la voix cassée. Chauffeur de moto-taxi depuis plusieurs années, il n’a d’autre choix que de continuer à rouler malgré les crises de fièvre et les douleurs musculaires.
Des symptômes brutaux et un quotidien chamboulé
Selon Modi, la maladie débute toujours de la même façon : une fatigue intense, comme une alerte silencieuse. Puis, sans prévenir, la fièvre monte, accompagnée de frissons glacés, de courbatures intenses et de maux de tête persistants. « C’est comme si ton propre corps t’abandonnait », explique-t-il.
Ces épisodes fréquents impactent lourdement sa vie quotidienne. « Le plus dur, c’est de tomber malade quand il faut aller travailler. Pas de travail, pas de revenus. Et comment faire vivre ma famille dans ces conditions ? », s’interroge-t-il, l’air amer.
Entre médecine moderne et traditions locales
Chaque fois que le paludisme le frappe, Modi se rend dans un centre de santé pour recevoir un traitement. Mais il complète systématiquement ce dernier avec des remèdes traditionnels, souvent à base de plantes locales. « Il faut combiner les deux. Mais même manger devient difficile. Tu n’as pas faim, et pourtant tu dois prendre les médicaments, sinon tu ne t’en sors pas », ajoute-t-il.
La peur, elle aussi, fait partie du processus. « Parfois, tu te demandes si tu vas te réveiller le lendemain. C’est une peur sourde, qu’on n’ose pas dire à voix haute », dit-il, les yeux baissés.
Un combat partagé par des milliers de personnes
Le témoignage de Modi Coulibaly est loin d’être isolé. À Bamako comme ailleurs en Afrique de l’Ouest, le paludisme touche chaque année des millions de personnes, perturbant leur vie sociale, économique et familiale. Les plus exposés restent ceux qui, comme Modi, n’ont pas de couverture sociale et vivent au jour le jour.
Ce récit met en lumière l’urgence de renforcer les campagnes de prévention, l’accès aux soins et l’éducation sanitaire dans les zones à risque. Car tant que le paludisme continuera de ravager des vies dans l’ombre, le combat pour l’éradiquer devra rester une priorité collective.











