Le 28 avril 2025, une averse torrentielle dépassant les 50 millimètres s’est abattue sur la capitale malienne, causant des inondations massives dans plusieurs secteurs de Bamako. Bien que l’hivernage n’ait pas encore officiellement commencé, plusieurs quartiers, dont la route de Koulikoro et l’ACI 2000, ont été gravement touchés par la montée des eaux. Cette précocité laisse présager une saison pluvieuse difficile pour les habitants de la ville.
L’année précédente, en 2024, la saison des pluies avait été particulièrement destructrice. Le Mali avait alors recensé 729 cas d’inondations, provoquant la destruction de 47 306 habitations et affectant plus de 88 000 foyers. Le pays avait enregistré un lourd bilan humain de 77 morts et 148 blessés, forçant le gouvernement à déclarer l’état de catastrophe nationale le 23 août 2024.
En réponse à cette crise, un plan d’action de 43 milliards de francs CFA, en partie financé par la Banque mondiale, avait été mis en place. Ce programme ambitieux visait à réhabiliter les infrastructures, dégager les caniveaux et renforcer la gestion des urgences. Il prévoyait notamment la démolition de 750 bâtiments illégaux, bloquant les voies naturelles d’évacuation des eaux. Un budget dédié de 800 millions de francs CFA, dont 700 millions consacrés aux démolitions, avait été annoncé.
Cependant, un an plus tard, le constat est alarmant. Les canaux d’évacuation demeurent obstrués, transformés en dépotoirs à ciel ouvert. Les constructions anarchiques n’ont pas disparu, et les opérations de démolition tardent à se concrétiser. En dépit des promesses officielles, l’incivisme persiste : les déchets ménagers continuent d’être déversés dans les caniveaux, aggravant l’envasement.
Les spécialistes annoncent pour l’hivernage 2025 des pluies plus abondantes que la moyenne, avec des risques élevés de nouvelles inondations. Cette prévision renforce l’urgence d’une réaction concrète des autorités et d’un changement de comportement des populations.
Malgré l’expérience de 2024 et le délai d’un an pour agir, Bamako semble prise au dépourvu, avant même l’arrivée officielle de la saison pluvieuse, attendue entre fin mai et début juin. La capitale se retrouve ainsi confrontée à une double menace : le dérèglement climatique d’un côté, et l’inefficacité des actions humaines de l’autre.
Il devient impératif que les autorités maliennes traduisent leurs engagements en actes. De leur côté, les citoyens doivent.











