Daouda Berthé a été condamné à deux ans de prison ferme pour abus de confiance. Il est accusé d’avoir détourné la cargaison de sept camions citernes de carburant d’une valeur estimée à plus de 200 millions de FCFA.
Détournement de carburant à Bamako : une affaire aux ramifications complexes
Le 28 avril 2025, le tribunal de grande instance de la Commune VI à Bamako a ordonné le placement sous mandat de dépôt de Daouda Berthé, poursuivi pour abus de confiance. Cette décision fait suite à une affaire impliquant la disparition du contenu de sept camions citernes de carburant, dont la valeur globale est estimée à plus de 200 millions de FCFA.
Connu sous le pseudonyme de Daouda Cissé, l’homme entretenait des liens d’affaires avec un jeune opérateur économique malien, qui lui fournissait régulièrement du carburant en citernes. Pendant plusieurs mois, Berthé a su gagner la confiance de ce dernier en respectant scrupuleusement les engagements financiers, remboursant intégralement les premières livraisons.
Un stratagème bien rodé
C’est en février 2025 que l’affaire prend une tournure inattendue. Daouda Berthé passe commande de sept camions supplémentaires, prétendant les envoyer dans les régions de Ségou et Mopti. Après livraison, il devient injoignable. Malgré plusieurs relances, il multiplie les prétextes pour justifier son silence.
Sur un montant total dû de 208 millions de FCFA, seul un versement partiel de 99 millions de FCFA a été effectué, laissant un reste impayé de 109 millions de FCFA. Ce différentiel constitue l’objet principal de la plainte pour abus de confiance.
Des justifications contestées
Interrogé sur les faits, Daouda Berthé reconnaît partiellement sa responsabilité, tout en affirmant avoir été lui-même victime d’un tiers auquel il aurait confié les fonds. Selon ses déclarations, cet individu aurait disparu avec l’argent, rendant tout remboursement immédiat impossible.
Cependant, une source proche du dossier conteste fermement cette version. Elle affirme que les camions n’ont jamais quitté Bamako et que Berthé les aurait revendus localement. Toujours selon cette source, le mis en cause disposerait bel et bien des fonds mais chercherait à gagner du temps.
Issue judiciaire
Face à l’absence de résolution à l’amiable, le jeune opérateur économique a décidé de porter plainte. Daouda Berthé a été placé en garde à vue pendant 48 heures avant d’être présenté au tribunal. À l’issue de l’audience, il a été condamné à deux ans de prison ferme.
Cette affaire met en lumière les risques liés à la confiance dans les transactions commerciales non formalisées et souligne les défis persistants du secteur de la distribution des hydrocarbures au Mali.











