4 avril 2025 – Le décès du musicien malien Amadou Bagayoko a profondément ému la scène artistique africaine. Idrissa Soumaoro, figure incontournable de la musique malienne et mentor du défunt, revient sur leur parcours commun.
Un lien fraternel au-delà de la musique
Le musicien et professeur de musique Idrissa Soumaoro entretient depuis les années 1970 une relation étroite avec Amadou Bagayoko. Cette complicité, forgée entre Bagadadji et Quinzambougou, s’est consolidée dans l’univers des Ambassadeurs du Motel où Amadou le rejoint en 1974, apportant son talent à la guitare aux côtés de Manfila Kanté.
« Amadou et Mariam venaient souvent chez moi. Mon foyer était aussi le leur », confie Idrissa, encore bouleversé par la disparition de son ami.
De la scène musicale à l’engagement social
En 1978, face aux contraintes du métier d’artiste-enseignant, Idrissa décide de réorienter leur engagement. Il propose à Amadou d’intégrer l’Institut des Jeunes Aveugles (IJA). L’objectif : briser les préjugés sur le handicap visuel en milieu rural.
Avec Mariam, ils forment le groupe « L’Éclipse », composé d’élèves non-voyants et de professeurs voyants. Grâce à leurs performances lors de colonies de vacances et de tournées sous-régionales, notamment au Burkina Faso, ils parviennent à changer les mentalités.
Un duo formateur et complémentaire
Amadou devient encadreur des guitaristes tandis qu’Idrissa enseigne théorie et pratique musicale. Des enseignants comme Bah Tapo rejoignent le mouvement pour diversifier l’enseignement instrumental.
Avant son départ pour l’Angleterre pour une spécialisation en musique braille, Soumaoro crée le groupe « Miriya », dirigé par Amadou (chef d’orchestre) et Mariam (chant).
Un musicien d’exception et un héritage vivant
« Ce que j’ai réalisé avec Amadou, je ne l’ai accompli avec aucun autre artiste », confie Idrissa. Leur collaboration dépassait les simples répétitions.
Pour pérenniser sa mémoire, il propose la création d’une salle de musique portant son nom ou une reconnaissance officielle par l’Office de radiotélévision du Mali (ORTM), qu’Amadou fréquentait avec fidélité, notamment lors des réveillons de fin d’année.











