Le Maroc et les pays sahéliens renforcent leur coopération pour ouvrir une voie d’accès stratégique à l’océan Atlantique. Ce projet ambitieux vise à dynamiser l’intégration économique et sécuritaire dans la région.
Une rencontre diplomatique de haut niveau à Rabat
Le 28 avril 2025, les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont été reçus par le roi Mohammed VI au palais royal de Rabat. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du partenariat renforcé entre le Maroc et les pays du Sahel.
Engagement réaffirmé pour l’initiative atlantique
Au cours de cette réunion, les chefs de la diplomatie sahélienne ont salué l’initiative proposée par le Maroc, destinée à offrir à leurs pays enclavés un accès direct à l’océan Atlantique. Ils ont exprimé leur adhésion totale et leur volonté d’accélérer la mise en œuvre du projet.
Ce plan avait été initialement annoncé par Mohammed VI en 2023, lors d’un discours axé sur la coopération régionale. L’objectif est de connecter les pays sahéliens à l’Atlantique via un vaste réseau d’infrastructures, en particulier des routes stratégiques.
Un projet structurant malgré des défis géopolitiques
Aucun calendrier officiel n’a encore été fixé pour la réalisation de cette initiative. Toutefois, elle est perçue comme une opportunité majeure pour surmonter l’isolement politique et économique dont souffrent le Mali, le Niger et le Burkina Faso.
Les trois États sahéliens, qui composent l’Alliance des États du Sahel (AES), sont actuellement gouvernés par des régimes militaires arrivés au pouvoir entre 2020 et 2023. Ils ont progressivement pris leurs distances avec l’ancienne puissance coloniale française, cherchant de nouveaux partenariats, notamment avec la Russie.
Une dimension stratégique et sécuritaire
Selon Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères, l’initiative du Maroc contribuera également à renforcer la paix et la sécurité dans la région. Son homologue burkinabè, Karamoko Jean Marie Traoré, a souligné que cette ouverture représente une sortie du « confinement » économique et politique que subissaient leurs pays.
De son côté, le ministre nigérien Bakary Yaou Sangaré a qualifié ce projet d’ »aubaine » pour les trois nations enclavées, leur offrant de nouvelles perspectives de développement.
Relations tendues avec l’Algérie
Parallèlement, les tensions régionales se sont accentuées. Début avril 2025, les membres de l’AES ont rappelé leurs ambassadeurs en poste en Algérie, après avoir accusé celle-ci d’avoir abattu un drone militaire malien près de leur frontière commune. Cet incident a ravivé la rivalité traditionnelle entre le Maroc et l’Algérie, ajoutant un enjeu géopolitique supplémentaire à l’initiative atlantique.











