L’Union Syndicale des Travailleurs du Mali (USTM) a perdu son agrément officiel suite à des irrégularités révélées par la justice malienne. Cette décision remet en cause la légitimité d’un acteur central du paysage syndical du pays.
Le gouvernement malien met fin à l’agrément de l’USTM
Le 29 avril 2025, l’Union Syndicale des Travailleurs du Mali (USTM) a été officiellement privée de son agrément par les autorités judiciaires. Cette décision, annoncée par le Procureur de la République près du Tribunal de Grande Instance de la Commune VI de Bamako, interdit désormais à cette organisation syndicale d’exercer toute activité sur le territoire national.
Cette mesure intervient à la suite de constats d’anomalies graves affectant une entité affiliée à l’USTM, à savoir l’Union Syndicale des Travailleurs des Impôts du Mali (UST-IMPÔTS). Dans un document en date du 21 avril 2025, le parquet de la Commune III a pointé du doigt plusieurs irrégularités liées à la constitution de cette section syndicale, notamment sur les modalités de sa création et les conditions d’exercice de ses fonctions syndicales.
Les autorités judiciaires considèrent que ces manquements affectent non seulement l’UST-IMPÔTS, mais compromettent également la légalité de la structure mère à laquelle elle est rattachée. En conséquence, l’agrément accordé à l’USTM a été annulé pour non-conformité avec la législation en vigueur.
Le Procureur Chétek Sala Sangaré a appuyé sa décision sur l’article 19 de la Constitution de 2023, ainsi que sur plusieurs articles du Code du Travail de 1999, notamment les articles L-213, L-214, L-235, L-250 et L-257. Ces textes encadrent rigoureusement la formation et le fonctionnement des organisations syndicales, imposant le respect strict des procédures administratives et juridiques.
Historiquement influente dans les négociations sociales, l’USTM représentait un point d’ancrage majeur pour de nombreux travailleurs maliens. Sa révocation soulève désormais de multiples interrogations quant à l’avenir des membres affiliés, ainsi qu’à l’organisation du dialogue social dans le pays.
Cette affaire met en lumière la volonté des autorités maliennes de renforcer le cadre réglementaire encadrant les syndicats et d’assurer la conformité des structures existantes. Si certains y voient une nécessaire clarification, d’autres redoutent un précédent pouvant fragiliser la liberté syndicale.












