Laurent Gbagbo, ancien président de la Côte d’Ivoire, a récemment partagé une anecdote marquante de sa carrière politique. Il affirme avoir refusé une somme de 2 milliards FCFA, offerte indirectement par Félix Houphouët-Boigny, dans un contexte de tentative de rapprochement politique.
Laurent Gbagbo affirme avoir refusé une offre de 2 milliards FCFA en pleine ascension politique
Dans un témoignage livré récemment, Laurent Gbagbo, figure politique majeure de la Côte d’Ivoire, est revenu sur un épisode marquant survenu à Paris à l’époque où il n’était pas encore au pouvoir. Selon lui, un émissaire du président Félix Houphouët-Boigny l’aurait approché avec une proposition généreuse : un billet d’avion, une villa, et une enveloppe contenant 2 milliards FCFA.
L’offre visait, selon ses propos, à le convaincre de s’aligner ou à faire preuve de bienveillance envers le régime en place. Mais Gbagbo affirme avoir décliné cette proposition, arguant que ses échanges avec Houphouët-Boigny n’avaient jamais porté sur des questions d’argent. « Quand je parle avec lui, ce n’est pas une affaire d’argent », aurait-il déclaré à son interlocuteur.
Ce dernier aurait insisté, expliquant que même Houphouët-Boigny avait un intérêt personnel dans cette offre, puisqu’il y prélevait 10 %. Malgré l’insistance et les avantages matériels proposés, Laurent Gbagbo dit être resté inflexible. La scène se serait terminée de façon presque cocasse, lorsque Gbagbo, sans moyen de transport pour rentrer après le rendez-vous, aurait demandé de l’aide pour un taxi. L’intermédiaire, choqué par ce refus, se serait alors exclamé de manière sarcastique, critiquant sa décision.
Une déclaration qui divise l’opinion publique
La révélation de Laurent Gbagbo a immédiatement enflammé les réseaux sociaux, suscitant une vague de réactions contrastées. Certains internautes expriment leur admiration, voyant en lui un symbole de droiture morale rare dans le paysage politique africain. Pour eux, ce refus témoigne d’une intégrité qui manque à bon nombre de dirigeants du continent.
D’autres, plus sceptiques, remettent en cause la véracité des faits, estimant improbable qu’une telle somme ait été refusée, surtout dans le contexte des années 1980-1990, époque marquée par une forte dépendance des opposants aux financements extérieurs.
Un débat plus large sur la corruption et l’indépendance politique
Au-delà du cas personnel de Gbagbo, cette anecdote soulève un débat profond sur la corruption politique en Afrique et les moyens utilisés pour coopter les voix dissidentes. Pour certains observateurs, ces pratiques étaient (et demeurent) monnaie courante : offrir des avantages financiers pour garantir le silence ou le soutien de figures influentes.
Des commentaires d’internautes dénoncent également la responsabilité des élites locales dans la perpétuation d’un système dominé par des intérêts extérieurs. Certains vont jusqu’à affirmer que c’est justement l’indépendance d’esprit de Laurent Gbagbo qui aurait fait de lui une cible pour les puissances occidentales, notamment la France.
Derrière cette histoire personnelle, c’est donc une critique plus large qui s’exprime : celle de la soumission











