
L’ensemble de la classe politique malienne, soutenue par la société civile, rejette fermement le projet de dissolution des partis proposé par la junte au pouvoir. Une opposition unifiée s’organise pour défendre les acquis démocratiques.
Une contestation politique inédite
Au Mali, une large coalition politique et citoyenne s’élève contre le projet de la junte militaire visant à dissoudre près de 400 partis politiques. Ce projet, perçu comme une menace directe à la démocratie malienne, a provoqué un front commun regroupant des figures de l’opposition, de l’ancienne majorité et de la société civile.
La réaction s’organise autour de l’Initiative des partis politiques pour la charte (IPAC), qui rassemble des dizaines de formations. L’IPAC appelle au report immédiat de la consultation populaire prévue jusqu’au 29 avril 2025, estimant que cette démarche viole la Constitution adoptée en juillet 2023.
Un front politique uni

Pour la première fois, l’ensemble de la classe politique parle d’une même voix. Des figures comme Alhassane Bah, secrétaire général de la CODEM, ou Amadou Koïta, dirigeant du PS Yeleen Koura, dénoncent une tentative de liquidation du pluralisme politique.
Selon eux, cette manœuvre viserait à prolonger indéfiniment la transition. « C’est une transition sans fin qu’on nous impose », déplore Amadou Koïta.
Société civile et tradition en renfort
La mobilisation dépasse les cercles politiques : organisations citoyennes, chefferies traditionnelles et médias dénoncent un processus « hasardeux et contraire aux lois ».
L’article 39 de la Constitution garantit la liberté d’organisation des partis. L’IPAC exige une rencontre avec le Premier ministre, le général Abdoulaye Maïga, pour faire entendre sa voix.
Vers un affrontement institutionnel ?
La consultation populaire aborde des sujets sensibles : réduction du nombre de partis, lutte contre le nomadisme politique, redéfinition du rôle du chef de l’opposition, voire dissolution des partis. Elle devrait s’achever le 29 avril 2025.
Selon l’IPAC, cette démarche viole la Constitution et les conclusions des Assises nationales de la refondation.
Conclusion : la démocratie malienne en alerte
Ce bras de fer révèle une tension croissante entre la junte militaire et les forces politiques. Alors que la transition avait suscité l’espoir, elle est désormais perçue comme une dérive autoritaire. La classe politique se dit prête à défendre la démocratie malienne, quoi qu’il en coûte.











