12 avril 2025 – Dans le nord du Mali, les prix du carburant atteignent des sommets inquiétants. Entre insécurité et blocages logistiques, l’approvisionnement devient critique.
Une flambée sans précédent des prix du carburant dans le nord du Mali
La région septentrionale du Mali fait face à une nouvelle crise : la flambée des prix du carburant. À Gao, le litre d’essence est désormais vendu à 1 500 francs CFA, tandis qu’à Menaka, il atteint un seuil alarmant de 5 000 francs CFA. Dans les zones minières de Intahakka, la situation est encore plus dramatique, avec un litre de carburant équivalent à la valeur d’un gramme d’or.
Cette inflation s’explique par l’insécurité persistante qui entrave les principaux axes de ravitaillement. L’embargo et les attaques ciblant les convois ont découragé les transporteurs, en particulier sur les routes menant du Niger et de l’Algérie. À cela s’ajoute la restriction des escortes militaires, limitées au strict minimum entre Kidal et Gao.
Les spéculateurs profitent de cette pénurie pour imposer des tarifs arbitraires, aggravant la détresse des populations. Le climat diplomatique tendu avec l’Algérie ne fait qu’empirer la situation.
Le Règlement 14 de l’UEMOA, un obstacle supplémentaire
La crise du carburant est amplifiée par l’application stricte du Règlement 14 de l’UEMOA, imposée par la ministre des Transports. Ce texte oblige les transporteurs à se conformer aux normes de pesage et de gabarit. Résultat : des centaines de camions restent bloqués aux frontières, incapables de franchir le territoire malien.
Les modifications non conformes des véhicules et les excès de poids exigent des travaux de remise aux normes. Toutefois, les soudeurs et menuisiers métalliques ne parviennent pas à répondre à la demande en temps voulu. On estime à plus de 1 000 le nombre de camions immobilisés, ralentissant le ravitaillement des marchés et les recettes douanières.
Kidal : une ville administrée mais sans administrés
Depuis la reprise de Kidal par les forces gouvernementales à la fin de 2023, la ville peine à retrouver sa vitalité. Malgré le déploiement progressif de l’administration, la majorité de la population demeure absente.
De nombreux habitants se sont réfugiés en Algérie, laissant derrière eux leurs maisons aux animaux errants et au bétail des rares résidents restants. Bien que les chefs de services et un nombre croissant d’enseignants soient présents, l’absence d’usagers rend le fonctionnement administratif largement symbolique. La reconstruction effective de Kidal reste donc à venir.











