À Abidjan, une manifestation massive a réuni l’opposition ivoirienne pour dire non à une nouvelle candidature du président Alassane Ouattara. Les participants réclament une élection présidentielle ouverte à tous.
À moins de trois mois de la prochaine élection présidentielle en Côte d’Ivoire, la tension politique monte. Ce week-end, des milliers de personnes se sont rassemblées dans la commune populaire de Yopougon, à Abidjan, pour exprimer leur rejet d’un quatrième mandat du président Alassane Ouattara.
Le cortège, pacifique, était organisé à l’appel conjoint du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), deux des principales formations de l’opposition. Drapeaux en main et slogans revendicatifs, les manifestants ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une violation de l’esprit démocratique et un verrouillage du processus électoral.
Les leaders des deux partis, inéligibles en raison de condamnations ou de mesures administratives contestées, ont pris la parole pour appeler à une présidentielle inclusive, garantissant la participation de toutes les forces politiques du pays. Selon eux, l’exclusion de certains candidats porterait atteinte à la crédibilité du scrutin.
Pour les organisateurs, cette mobilisation marque le début d’une série d’actions destinées à maintenir la pression sur le pouvoir en place. Ils affirment que tant que la candidature d’Alassane Ouattara ne sera pas retirée, des rassemblements auront lieu régulièrement dans les grandes villes du pays.
De son côté, le chef de l’État, lors d’un discours prononcé récemment, a appelé les Ivoiriens à préserver la paix sociale et à éviter toute escalade de tensions. Il a souligné l’importance d’un scrutin serein, tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre sa politique de développement et de stabilité.
Les observateurs politiques notent que cette confrontation entre pouvoir et opposition pourrait peser lourdement sur la campagne électorale à venir. Les positions semblent figées : le camp présidentiel défend la légitimité d’une nouvelle candidature, tandis que l’opposition promet de multiplier les actions pour y faire obstacle.
Alors que le compte à rebours est lancé, l’enjeu dépasse le seul cadre électoral. C’est l’équilibre politique et social de la Côte d’Ivoire qui se joue, dans un climat où chaque geste, chaque déclaration, pourrait influencer la trajectoire du pays.












