Pour des raisons de sécurité, le préfet du département de Bakel a instauré une interdiction de la circulation nocturne des motos du 24 juillet 2025 au 24 août 2025. La mesure intervient trois semaines après des attaques revendiquées par le JNIM, à proximité de la frontière entre le Sénégal et le Mali.
Une restriction ciblée pour faire face à la menace transfrontalière
Les autorités du Sénégal ont décidé de suspendre la circulation nocturne des motocyclettes et cyclomoteurs entre minuit et 6 heures dans le département de Bakel, pour la période allant du 24 juillet 2025 au 24 août 2025. L’arrêté préfectoral évoque des « raisons de sécurité » dans un contexte marqué par la montée des activités jihadistes à la frontière avec le Mali.
Cette décision fait suite aux attaques coordonnées du 1er juillet 2025 contre des positions de l’armée dans l’ouest du Mali, ayant causé la mort d’au moins un civil. Parmi les localités visées figurait Diboli, située à moins de 500 mètres de la ville sénégalaise de Kidira. Les attaques ont été revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM / JNIM), affilié à Al-Qaïda.
Des exceptions limitées pour les services essentiels
L’arrêté précise que la mesure ne concerne pas les véhicules des personnels de santé, des forces de sécurité et de défense. Jointe par la presse, l’administration territoriale locale n’a pas souhaité commenter davantage, ni détailler l’appréciation de la menace ou un éventuel prolongement de la restriction.
Une dynamique régionale documentée
Une étude publiée fin avril 2025 par le Timbuktu Institute, basé à Dakar, souligne que le JNIM a accru de façon « exponentielle » ses activités dans la région frontalière commune du sud-ouest du Mali. Selon ce rapport, la région de Kayes a servi de base arrière pour tenter de pénétrer en Mauritanie et au Sénégal. Le groupe, principal acteur jihadiste du Sahel, est solidement implanté au Mali, au Niger et au Burkina Faso, et étend progressivement son influence vers les pays du Golfe de Guinée.
Un impact sécuritaire… et social
Le Sénégal a renforcé ces dernières années les mesures de sécurité à sa frontière avec le Mali, notamment via des patrouilles régulières conduites avec les forces maliennes. La décision prise à Bakel s’inscrit dans cette logique de prévention et de dissuasion, alors que les motos sont souvent utilisées pour des opérations rapides ou des reconnaissances discrètes dans les zones transfrontalières.
Si l’objectif est de réduire les risques d’infiltration, la mesure pourrait aussi peser sur la mobilité des populations, la moto étant un moyen de transport central dans les zones rurales. Aucun dispositif spécifique n’a été annoncé pour les activités économiques nocturnes, en dehors des exceptions prévues pour la santé et la sécurité.
Quelle suite après le 24 août ?
Les autorités pourraient décider de prolonger, adapter ou renforcer la restriction en fonction de l’évolution de la situation dans le département de Bakel et le long de la frontière sénégalo-malienne. L’efficacité de l’interdiction de la circulation nocturne des motos sera évaluée au regard de sa capacité à dissuader les incursions et à sécuriser les populations locales.











