Le Programme alimentaire mondial suspend ses distributions dans plusieurs pays d’Afrique, faute de financement. Des millions de personnes se retrouvent sans assistance vitale.
Une suspension aux conséquences dramatiques
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé la suspension de ses opérations d’aide alimentaire et nutritionnelle dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, en raison de coupes budgétaires majeures, notamment du côté des États-Unis, l’un de ses principaux bailleurs de fonds.
Selon l’organisme onusien, cette décision concerne sept pays, dont la Mauritanie, le Mali et la République centrafricaine, où les stocks alimentaires encore disponibles risquent de ne pas dépasser quelques semaines, menaçant des millions de personnes vulnérables.
Une alerte lancée par le PAM
Face à cette crise financière, le PAM a indiqué qu’il tentait de concentrer ses maigres ressources sur les interventions les plus urgentes. Margot van der Velden, directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, a déclaré : « Nous faisons tout notre possible pour prioriser les activités les plus vitales, mais notre capacité de réponse s’amenuise chaque jour. »
L’organisation appelle ses partenaires internationaux à débloquer des financements durables, indispensables pour maintenir les chaînes d’approvisionnement alimentaire et éviter l’aggravation de la crise humanitaire.
Un impact immédiat sur les populations
La situation est particulièrement préoccupante dans les camps de réfugiés au Cameroun, où l’aide alimentaire a déjà été considérablement réduite. Les populations concernées, dont de nombreux réfugiés nigérians, se retrouvent sans soutien, accentuant les risques de malnutrition et de mortalité infantile.
Le Nigeria fait également partie des pays les plus touchés. Le PAM estime que 300 000 enfants y sont exposés à une malnutrition sévère, augmentant significativement leur risque de décès en l’absence d’intervention rapide.
Des besoins financiers criants
Pour assurer ses opérations au second semestre 2025, le PAM a besoin de 494 millions de dollars. Or, ses fonds actuels sont totalement épuisés, forçant l’agence à réduire drastiquement son champ d’action.
Dans des régions instables comme le nord et le centre du Mali, les aides encore disponibles seront réservées en priorité aux personnes récemment déplacées et aux enfants de moins de cinq ans, selon les critères d’urgence établis.
Une crise qui s’aggrave sans réponse rapide
La suspension de l’aide alimentaire dans une zone aussi vulnérable risque d’avoir des conséquences humanitaires dramatiques si aucune solution n’est trouvée rapidement. Le PAM insiste sur l’importance d’un engagement international fort pour empêcher une détérioration irréversible de la situation dans une région déjà fortement fragilisée par les conflits, le changement climatique et l’instabilité politique.











