La détention d’une célèbre journaliste zimbabwéenne suscite une vague d’indignation. Elle est accusée d’avoir publié une tribune jugée hostile au président Mnangagwa.
Une détention qui relance le débat sur la liberté de la presse
Au Zimbabwe, l’arrestation de Faith Zaba, 55 ans, a provoqué une forte réaction au sein de la société civile et des organisations de défense des droits humains. Rédactrice en chef du journal Zimbabwe Independent, elle est poursuivie pour avoir autorisé la publication d’un article satirique intitulé « Lorsque vous devenez un État mafieux », perçu par les autorités comme une attaque directe contre le président Emmerson Mnangagwa.
L’incident s’est produit le mercredi 2 juillet 2025, lorsque Mme Zaba a été arrêtée par les forces de l’ordre. Selon le magistrat Takudzwa Jambawu, l’article en question contiendrait des propos « matériellement faux » destinés à attiser l’animosité envers le chef de l’État.
Audience reportée et inquiétudes pour la santé de la journaliste
Lors d’une comparution à Harare, un tribunal a ordonné que Faith Zaba reste en détention jusqu’à jeudi, dans l’attente d’une décision sur sa demande de libération sous caution. Son avocat, Me Chris Mhike, s’est indigné de la prolongation de sa détention, en évoquant l’état de santé fragile de sa cliente. « Une prison n’est pas un lieu adapté aux personnes malades », a-t-il rappelé.
Un climat répressif croissant contre les médias
Cette arrestation s’inscrit dans une série d’actions judiciaires visant les journalistes au Zimbabwe. Ces dernières années, les voix critiques sont de plus en plus confrontées à des poursuites. Le cas de Faith Zaba rappelle celui d’une autre journaliste arrêtée en février dernier, après avoir interviewé un opposant appelant à la démission du président. Elle avait été détenue pendant plus de 70 jours pour « incitation à la violence ».
Mobilisation des organisations de presse et des ONG
Face à cette situation, plusieurs organisations ont exprimé leur inquiétude. Le Syndicat des journalistes du Zimbabwe a dénoncé « la criminalisation du journalisme » et a exigé la libération immédiate et inconditionnelle de Mme Zaba. Selon leur communiqué, « les contenus satiriques, même critiques, relèvent de la liberté d’expression et ne devraient pas être sanctionnés pénalement ».
De son côté, l’Alliance des médias du Zimbabwe a également pris la parole, estimant que cette arrestation reflète « une tendance inquiétante à museler la presse » dans un pays qui se réclame pourtant du pluralisme démocratique.
Classement mondial peu flatteur
Selon le classement 2025 établi par Reporters sans frontières, le Zimbabwe occupe la 106e place sur 180 pays en matière de liberté de la presse, un recul qui alimente les inquiétudes sur la situation des médias indépendants dans le pays.












