Une attaque sanglante a frappé le village de Manda, dans la région de Tillabéri, au Niger, causant la mort de dizaines de civils. L’assaut s’est produit lors d’un rassemblement religieux, dans une zone déjà marquée par l’instabilité.
Une attaque en pleine prière dans la région de Tillabéri
Le vendredi 20 juin 2025, une violente attaque a visé des civils rassemblés pour un prêche religieux dans le village de Manda, situé dans la région instable de Tillabéri, au sud-ouest du Niger. Cette localité se trouve dans la zone dite des « trois frontières », partagée avec le Mali et le Burkina Faso, une région fréquemment frappée par les groupes armés.
Des témoins locaux rapportent que l’assaut a eu lieu dans la soirée, alors que les villageois participaient à une réunion religieuse. Selon plusieurs récits concordants, les assaillants ont ouvert le feu sur la foule avant de mettre le feu à plusieurs habitations. Le bilan humain reste incertain, mais des sources sécuritaires avancent le chiffre de 71 morts, dont quatre membres de la famille du chef du village.
Des rescapés et un traumatisme profond
Malgré la violence de l’attaque, quelques villageois ont réussi à survivre. Selon une association de jeunesse locale, certains ont échappé au massacre en simulant leur mort sous les corps sans vie. Ces rescapés ont été transportés vers la ville de Téra, chef-lieu du département.
L’attaque n’a pour l’instant pas été revendiquée, mais des soupçons se tournent vers les éléments de l’État islamique au Sahara (EIS), déjà actifs dans la région. L’absence d’une intervention rapide des Forces de défense et de sécurité (FDS) est également pointée du doigt par des habitants. Toutefois, des sources locales rapportent que l’armée aurait été déployée à proximité, mais aurait retardé son intervention pour éviter une embuscade.
Une région en proie à une violence persistante
La région de Tillabéri est l’un des foyers les plus touchés par les attaques terroristes au Niger. En mars 2025, 44 civils avaient été tués dans une mosquée de Fambita, toujours dans le département de Téra, lors d’une attaque attribuée à l’EIS. Plus récemment, un autre assaut de grande ampleur a été lancé par plusieurs centaines d’hommes armés contre Banibangou, entraînant la mort de 30 soldats.
Pour faire face à ces menaces croissantes, le Niger a intensifié ses opérations militaires, notamment à travers les missions « Almahaou » et « Niya », qui ont permis de neutraliser 13 combattants armés entre les 8 et 14 juin dans une zone aurifère illégale à Teguey.
Vers une riposte régionale coordonnée
Face à la persistance des violences, les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) – le Niger, le Mali et le Burkina Faso – ont décidé de renforcer leur coopération. Une force conjointe de 5 000 soldats a été annoncée en début d’année, et les ministres de la Défense se sont réunis à Bamako à la mi-juin pour faire le point sur les opérations militaires et renforcer le partage de renseignements.











