Une vaste campagne de traitement à l’azithromycine a été lancée à Samaya pour réduire la mortalité infantile. Objectif : protéger les enfants de moins de 5 ans contre les maladies évitables.
Une stratégie nationale pour lutter contre la mortalité infantile
À Samaya, dans la commune rurale du Mandé, à environ 14 km de Bamako, le gouvernement malien, en partenariat avec la Fondation Bill et Melinda Gates, a officiellement lancé une campagne nationale de traitement de masse à l’azithromycine. Cette initiative vise à prévenir les décès chez les enfants âgés de 0 à 5 ans, notamment dans les zones où l’accès aux soins de santé reste limité.
Le programme, baptisé REACH (Résilience par l’Azithromycine pour les Enfants), est conduit par le Centre pour le Développement des Vaccins du Mali (CVD-Mali), avec le soutien du ministère de la Santé et du Développement Social. Il s’inscrit dans une démarche ambitieuse de réduction de la mortalité infanto-juvénile.
Un objectif clair : sauver 150 000 vies d’ici 2028

Les données sanitaires disponibles indiquent que toutes les six secondes, un enfant de moins de cinq ans meurt, souvent de causes évitables comme les infections respiratoires, la diarrhée ou le paludisme. En réponse, le programme REACH entend prévenir environ 150 000 décès d’enfants d’ici 2028, grâce à une administration semestrielle de l’azithromycine.
Ce traitement antibiotique sera distribué deux fois par an dans toutes les régions du Mali. L’accent est mis sur les populations les plus vulnérables, notamment dans les zones reculées, afin d’assurer une couverture équitable.
Un partenariat international au service de la santé publique
La cérémonie de lancement, présidée par le ministre de la Santé et du Développement Social, le médecin Colonel Assa Badiallo Touré, a rassemblé plusieurs délégations, dont celle de la Fondation Bill et Melinda Gates représentée par le Dr Matthew Steele. Ce dernier a salué l’engagement du Mali, affirmant que cette initiative pourrait réduire de 15 % la mortalité infantile dans le pays.
Il a également rappelé les défis majeurs rencontrés dans les zones enclavées, où paludisme, malnutrition et manque d’immunisation restent des obstacles majeurs à la survie des jeunes enfants.
Mobilisation communautaire et engagement local
Sur le terrain, la mobilisation est déjà en cours. Le président de l’Association de Santé Communautaire (ASACO) de Samaya a exprimé son engagement à sensibiliser la population pour garantir le succès de la campagne. Des visites de terrain ont été organisées dans les villages de Kamalé, Nafadji et Djoliba, où les habitants ont chaleureusement accueilli la délégation.
La première dose d’azithromycine a été administrée dans une ambiance festive, marquée par les sonorités du Djembé et les prestations de l’Ensemble Instrumental du Mali.
Une approche intégrée pour un impact durable
Selon le ministre Assa Badiallo Touré, cette campagne s’intègre à un paquet de soins essentiels maternels et infantiles. Le but est de créer un effet synergique à travers une action coordonnée au niveau communautaire. Les données provisoires de l’EDS-M VII 2023-2024 montrent une baisse du taux de mortalité infantile, bien que ce recul reste inférieur aux objectifs nationaux.
Elle a rappelé que des études similaires menées au Niger ont montré une réduction de 18 % de la mortalité grâce à ce type d’intervention.











