Le 27 juin 2025 devrait coïncider avec le 1er Muharram 1447, ouvrant une nouvelle année du calendrier hégirien. Ce mois sacré invite les fidèles à la réflexion spirituelle et au retour aux valeurs fondamentales de l’islam.
Muharram : un mois chargé d’histoire et de spiritualité
Le 27 juin 2025 correspondra, sous réserve de confirmation par l’observation lunaire, au 1er Muharram 1447, premier jour du calendrier musulman. Comme le veut la tradition, les autorités religieuses annonceront officiellement la date après avoir scruté la lune. Ce mois marque bien plus qu’un simple changement d’année : il représente un temps de paix et de piété, enraciné dans l’histoire de l’islam.
Muharram, dont le nom vient du mot « haram » signifiant « sacré », était déjà un mois de trêve dans l’Arabie préislamique, période durant laquelle les conflits étaient suspendus. Il figure parmi les quatre mois sacrés de l’islam, aux côtés de Rajab, Dhou al-Qa’da et Dhou al-Hijja.
L’Hégire, fondement du calendrier musulman
Le début de l’année hégirienne rappelle un épisode fondateur : l’Hégire, c’est-à-dire le départ du Prophète Muhammad de La Mecque vers Médine. Contraint par les persécutions, il y trouva refuge et posa les bases d’une société fondée sur la solidarité et la fraternité. Ce moment marque le lancement du calendrier musulman et le début d’une nouvelle étape dans la diffusion de l’islam.
Les moments marquants de cette migration restent gravés : la traversée nocturne, la cache dans la grotte de Thawr, l’aide précieuse d’Abou Bakr, ou encore l’assistance d’un guide non musulman, témoignent de la foi, de la sagesse et de l’ouverture dont fit preuve le Prophète. À Médine, il instaura un pacte inédit de coexistence pacifique entre musulmans, juifs et chrétiens, connu sous le nom de Constitution de Médine.
Achoura : jour de jeûne et de mémoire
Le 10 Muharram, appelé Achoura, revêt une importance particulière. Dans la tradition sunnite, ce jour est associé au jeûne en signe de gratitude, en souvenir de la délivrance du peuple de Moïse. Le Prophète Muhammad recommanda le jeûne de ce jour, ainsi que celui du 9e et du 11e jour, afin de se distinguer des pratiques juives. Ce jeûne, bien que non obligatoire, est fortement conseillé et serait une occasion d’effacer les péchés mineurs de l’année écoulée.
Pour les chiites, Achoura est un jour de deuil. Il commémore le martyre de Hussein, petit-fils du Prophète, tombé lors de la bataille de Kerbala face aux troupes du calife Yazid Ier. Ces dix premiers jours du mois sont marqués par des cérémonies empreintes de recueillement.
Un mois pour repartir sur de nouvelles bases
Muharram vient prolonger la ferveur du mois de Dhou al-Hijja, déjà riche en actes de piété. Il offre l’opportunité aux croyants d’approfondir leur introspection, de renforcer leur foi et de réaffirmer leur engagement envers les principes de justice, de fraternité et de fidélité. C’est un temps propice pour se juger soi-même, comme le recommandait Umar Ibn Al-Khattab, et pour se fixer de nouveaux objectifs spirituels.











