Au tribunal fédéral de Manhattan, la défense de P. Diddy a tenté de discréditer une ex-assistante qui l’accuse de viols répétés. L’artiste, poursuivi pour trafic sexuel, risque la prison à vie.
Un procès sous haute tension à New York
Le procès du célèbre producteur de musique P. Diddy, de son vrai nom Sean Combs, s’est intensifié ce 30 mai au tribunal fédéral de Manhattan, alors que son équipe juridique s’est attaquée à la crédibilité de Mia, une ancienne assistante devenue témoin clé. Cette dernière, qui a travaillé pour l’artiste entre 2009 et 2017, affirme avoir été violée à plusieurs reprises par son employeur et avoir été témoin de scènes violentes, notamment contre Cassie, ex-compagne du producteur.
Devant les jurés, Mia a livré un témoignage poignant, décrivant un quotidien marqué par la peur, les abus physiques et les humiliations. Elle a notamment évoqué le rôle qu’elle jouait pour protéger Cassie lors des crises de rage de l’accusé, ainsi que les sévices qu’elle dit elle-même avoir subis.
La stratégie de la défense : discréditer le témoin
L’avocat Brian Steel, représentant la défense de P. Diddy, a orienté sa contre-attaque vers les publications passées de Mia sur Instagram, où elle partageait des messages chaleureux à l’attention de son ancien patron. Certaines de ces publications le décrivent même comme une « icône culturelle exceptionnelle », ce qui, selon l’avocat, contredit ses accusations.
Face à ces images, Mia s’est défendue en expliquant que les réseaux sociaux ne reflètent pas toujours la réalité : « Instagram est un endroit où l’on montre une vie idéale, même quand ce n’est pas le cas ». Elle a maintenu la véracité de ses déclarations devant le tribunal, affirmant : « Tout ce que j’ai dit ici est vrai ».
Donald Trump entre dans le débat
De manière inattendue, le président américain Donald Trump s’est exprimé sur l’affaire depuis la Maison Blanche, déclarant qu’il n’excluait pas la possibilité d’accorder une grâce présidentielle à P. Diddy. Interrogé dans le Bureau ovale, il a précisé qu’il examinerait les faits avant de prendre une décision, ajoutant qu’il n’avait pas eu de contact avec l’artiste depuis plusieurs années.
Des accusations graves et une procédure complexe
Selon les procureurs, Sean Combs aurait utilisé son statut de star et ses ressources financières pour organiser un réseau de trafic sexuel impliquant plusieurs femmes, dont Cassie, qui a également témoigné. Il est accusé d’avoir orchestré des « marathons sexuels » incluant des hommes prostitués, parfois sous l’emprise de drogues administrées à leur insu.
La défense reconnaît certains actes de violence mais insiste sur le caractère consensuel des rapports décrits, en particulier concernant Cassie. Cette dernière affirme toutefois qu’elle n’avait pas le choix et qu’elle était contrainte de participer à ces rencontres.
Un verdict attendu dans les prochaines semaines
Le procès se poursuivra en juin, avec des audiences prévues jusqu’au début du mois de juillet. Les jurés devront déterminer si P. Diddy, aujourd’hui âgé de 55 ans, a dirigé une entreprise criminelle visant à exploiter sexuellement plusieurs femmes au fil des années. Il encourt la prison à vie s’il est reconnu coupable.












