Le gouvernement malien a acté la création d’une raffinerie d’or nationale, marquant un tournant décisif vers une souveraineté économique assumée. L’État détiendra 62 % du capital de cette infrastructure stratégique.
Le Mali franchit un cap dans la gestion de ses ressources aurifères
Lors du Conseil des ministres du 28 mai 2025, présidé par le Général d’Armée Assimi GOÏTA, le gouvernement de transition du Mali a validé un projet majeur : la création d’une raffinerie nationale d’or. Cette décision, soutenue par le Premier ministre Abdoulaye MAÏGA et présentée par le Ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni SANOU, vise à redonner au pays le contrôle de sa principale richesse minérale.
Une souveraineté aurifère en construction
Jusqu’à présent, le Mali, troisième producteur d’or en Afrique, exportait la majorité de son or brut sans réelle transformation locale. Résultat : des milliards de francs CFA de valeur ajoutée échappaient à l’économie nationale. En réponse à ce constat, les Assises Nationales de la Refondation (ANR) avaient recommandé de reprendre en main la filière aurifère. Parmi les actions proposées figuraient la création d’une raffinerie, la révision du Code minier, et un encadrement strict de l’orpaillage artisanal.
Un partenariat stratégique et majoritaire pour le Mali
Concrètement, le futur complexe industriel aura une capacité annuelle de traitement de 200 tonnes. Il sera mis en œuvre en partenariat avec la société russe Yadran, mais l’État malien y détiendra 62 % du capital, garantissant ainsi un contrôle majoritaire. Ce positionnement permet au Mali de fixer lui-même les règles du jeu dans un secteur longtemps dominé par des acteurs étrangers.
Un levier pour transformer l’économie
Cette initiative ne se limite pas à l’édification d’un outil industriel. Elle s’inscrit dans une stratégie globale de souveraineté économique, enclenchée depuis le début de la transition en 2021. Après la réforme du Code minier en 2023 et l’adoption d’une loi sur le contenu local, la raffinerie représente une étape majeure pour capturer davantage de valeur au sein du pays.
L’objectif est clair : passer d’un modèle basé sur l’extraction brute à un modèle intégré de transformation locale, avec à la clé la création d’emplois, une meilleure traçabilité, et la lutte contre la fraude dans la filière.
Un symbole fort et une opportunité historique
Pour de nombreux observateurs, cette infrastructure pourrait bien symboliser une nouvelle ère. Une ère où le Mali cesse d’être un simple réservoir de matières premières et devient un acteur qui dicte ses conditions sur les marchés internationaux. La raffinerie nationale devient ainsi un outil de justice économique, apte à freiner la fuite des ressources, dynamiser l’investissement local et renforcer l’autonomie financière du pays.
Un défi de gouvernance à relever
Mais cette ambition ne pourra se concrétiser qu’à certaines conditions : transparence dans la gestion, suivi rigoureux du projet, et volonté politique durable.











