Les experts judiciaires du Burkina Faso, du Niger et du Mali ont entamé à Bamako une série de travaux techniques pour poser les bases d’un système judiciaire commun dans l’espace AES. Une conférence ministérielle prévue le 28 mai 2025 viendra valider ces efforts d’intégration.
Sous la coordination du Dr Boubacar Sidiki Diarra, Secrétaire général du ministère de la Justice du Mali, une rencontre stratégique s’est ouverte à Bamako entre les spécialistes judiciaires des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) : Mali, Burkina Faso et Niger. Ces travaux, qui précèdent la première conférence des ministres de la Justice de l’AES fixée au 28 mai 2025, visent à jeter les bases d’un espace judiciaire intégré.
L’un des objectifs majeurs de cette initiative est l’uniformisation des systèmes juridiques des trois pays. Pour ce faire, les délégations ont engagé une étude comparative approfondie des structures judiciaires et pénitentiaires nationales, avec l’ambition de dégager un cadre législatif commun. Celui-ci devra répondre aux enjeux sécuritaires, aux défis institutionnels et aux réalités sociopolitiques du Sahel.
Le processus inclut également la création d’institutions judiciaires partagées et le renforcement des mécanismes de coopération judiciaire, en particulier sur les questions pénitentiaires et les affaires transfrontalières. L’harmonisation du droit vise à faciliter la coordination dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée et les délits transnationaux.
La dimension formation occupe aussi une place importante. Il s’agit de mettre en place des programmes conjoints destinés aux magistrats, avocats, greffiers et autres acteurs du monde judiciaire. Cette montée en compétence collective permettra de garantir une application cohérente des lois dans l’ensemble des pays membres.
Cette initiative, soutenue par le ministre de la Justice du Mali, Mamoudou Kassogué, s’inscrit dans une dynamique d’affirmation de la souveraineté juridique des États de l’AES, qui entendent construire une gouvernance autonome, libérée des influences extérieures. Les discussions techniques actuelles représentent une étape clé vers la mise en place d’un espace judiciaire commun et sécurisé.
À terme, les résultats de ces travaux seront soumis à l’approbation des ministres lors de leur réunion du 28 mai 2025. Cette conférence pourrait déboucher sur la signature d’accords fondateurs pour les futures institutions judiciaires régionales de l’AES, marquant un tournant décisif dans l’histoire juridique de la région.











